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N°13 - Octobre 2012

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Mercredi 11 et jeudi 12 décembre 2013

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Internet responsable et STMG

Quelles pratiques pour quels objectifs ?

Rechercher l’équilibre entre les usages scolaires et le respect des libertés individuelles et collectives, la protection des mineurs et l’acquisition de véritables compétences TICE par les élèves, une disponibilité maximale des services numériques et la souplesse ou la liberté d’usage de ces services, tels sont les enjeux pour un Internet responsable.

Une préoccupation ministérielle

Très tôt, le ministère de l’Éducation nationale s’est soucié des enjeux de la maîtrise des réseaux, des services numériques et de leurs usages. Le Bulletin officiel n° 9 du 26 février 2004 aborde la question de l’utilisation citoyenne d’Internet dans l’espace scolaire : « Les usagers, personnels de l’Éducation nationale, doivent être informés des spécificités de l’Internet ». Il est rappelé la nécessité de la sensibilisation et de la responsabilisation de tous les acteurs de la communauté éducative et l’importance de les impliquer dans le processus par une étape de contractualisation. Il est ainsi vivement recommandé aux établissements de rédiger une charte d’utilisation d’Internet annexée au règlement intérieur et signée par les élèves et leurs parents. L’usage d’Internet dans la classe représente une vraie opportunité d’apprendre autrement, en lien avec l’univers médiatique des élèves.
Au-delà des objectifs énoncés par la note de la Direction générale de l’enseignement scolaire, il s’agit d’encourager l’accès à la Toile pour la meilleure des pratiques, celle de l’exploration citoyenne des sites, des blogs, des wikis et des réseaux sociaux, respectueuse des membres de la communauté éducative et des parties prenantes de l’école1.

Les parties prenantes de l’Internet responsable au sein de l’EPLE

La charte des usages TIC1 dans l’EPLE est un support pouvant circuler au sein de différentes instances. Ainsi la rédaction des articles de la charte par le conseil pédagogique peut constituer une véritable opportunité de dialogue entre les disciplines sur le développement d’un comportement responsable des élèves et des enseignants. Le projet de charte peut également circuler par le biais des délégués de classe au sein du conseil de la vie lycéenne afin de collecter l’avis de l’ensemble des élèves de l’établissement sur leurs droits et obligations. Le rappel des règles du jeu – notamment la loi informatique et libertés du 6 janvier 1978 modifiée par la loi du 6 août 2004 – clarifie la question du traitement des fichiers contenant des données à caractère personnel. La concertation des élèves sur le projet de charte peut constituer un levier pour prévenir les conduites déviantes telles que le harcèlement sur la toile entre élèves d’un même lycée.

Par ailleurs, la sécurisation de l’accès à Internet et la gestion des données personnelles dans l’établissement peut contribuer à renforcer la confiance des parties prenantes dans les bénéfices attendus de l’usage du numérique2.

Enfin une commission TICE, dont l’objet fondateur est la rédaction d’une charte « Internet responsable », peut s’emparer progressivement d’autres sujets communs, comme la composition de l’arborescence du site de l’établissement, le déploiement et l’utilisation des services de l’ENT3 ou la communication vers les membres de la communauté éducative, en particulier les familles, les professionnels du monde de l’entreprise accompagnant les apprenants en stage, les collectivités territoriales sollicitées dans un contexte donné de projet d’établissement, etc.

Une stratégie innovante dans les apprentissages

La mise en œuvre de la réforme des lycées est un moment-clé pour relancer l’adoption de comportements responsables en même temps que l’appropriation de nouveaux contenus de programme. Le cadre juridique étant explicité auprès des acteurs, la communauté pédagogique sécurisée dans son accès à Internet peut librement expérimenter des scénarios pédagogiques innovants, activant toutes les modalités de communication que permettent les blogs, les wikis, l’activation de réseaux sociaux, l’utilisation l’espaces collaboratifs, les visites de sites professionnels et institutionnels. Ainsi l’usage du site wikiLF, nouvel outil collaboratif mis en place par le ministère de la Culture et de la Communication et la Délégation générale à la langue française et aux langues de France, permet aux élèves d’être force de proposition pour l’enrichissement de la langue française et de mieux comprendre les finalités d’institutions telles que les commissions de terminologie.

Enfin, l’exemplarité du mode de fonctionnement du professeur n’est plus à démontrer. La manière dont ce dernier va s’emparer des dernières modalités de partage de l’information de communication qu’il choisit avec la classe facilitera l’usage responsable d’Internet par l’élève tout au long de son parcours de formation.

Quelques réponses apportées dans les enseignements de la série STMG

Le nouveau programme de sciences de gestion en classe de première de la nouvelle série « sciences et technologies du management et de la gestion » (STMG) aborde l’usage du numérique à travers le traitement de grandes questions de gestion qui interpellent les élèves dans un rapport critique aux concepts et aux outils de sciences de gestion.

Le préambule du programme de gestion dans son point 2.1. précise les liens entre sciences de gestion et management en explicitant que toute décision de gestion ne trouve son sens qu’en référence à une pratique managériale bien identifiée dans un contexte organisationnel qu’il est nécessaire de comprendre. L’organisation est un contexte souvent proposé aux élèves qui permet d’analyser les relations entre acteurs, structurées par les outils numériques. Au-delà de cet objectif spécifique, STMG s’inscrit pleinement dans la pratique d’un Internet responsable.

La première question de gestion « comment un individu devient-il acteur d’une organisation ? » intègre la question de la transformation des comportements par l’analyse de la relation de l’individu au groupe. Or l’appartenance à des communautés virtuelles, quelle soit établie sur des proximités professionnelles ou personnelles, nécessite un apprentissage des valeurs du groupe. L’usage dans la classe d’un réseau social constitue une opportunité pour une éducation à une communication efficace et en synergie avec les références de la communauté. De même, proposer aux élèves des mises en situations intégrant l’usage d’un réseau social professionnel (tel que LinkedIn par exemple) permet de décrypter les modes de fonctionnement sous-jacents, comme l’art de créer et d’actualiser un profil, ou bien la manière d’utiliser un réseau social dans un processus de recrutement. La construction d’une image professionnelle s’apprend dès le lycée par l’observation des réseaux existants et peut favoriser la construction du projet de l’élève.

Le thème 2 « ’information et l’intelligence collective » introduit comme objet de travail la question suivante : « comment le partage de l’information contribue-t-il à l’émergence d’une intelligence collective ? » Cette interrogation cible les notions et contenus à aborder dans les applications et l’usage du numérique dans les organisations : communication, partage de l’information, collaboration, communautés en ligne et réseaux sociaux. Proposer des contextes d’apprentissage qui décrivent l’usage des réseaux sociaux dans les organisations constitue une opportunité pour alerter les adolescents sur les traces personnelles qu’ils peuvent laisser et sur la prévention de publication d’images qui pourraient nuire à leur réputation professionnelle en devenir.

Enfin, un des points particulièrement saillants du programme de sciences de gestion en classe de première ST MG est le point 3.4. : « le système d’information contribue-t-il à l’efficacité de la prise de décision ? ». L’apport des réseaux sociaux et l’usage des progiciels de gestion intégrés renvoient également à l’organisation du travail (point 4.2) et à la recherche d’une cohérence de l’ensemble des tâches (point 4.3). Dans ce cadre, le management des réseaux sociaux peut être appréhendé comme une modalité de coordination qui engage la responsabilité de ses acteurs.

La mise en place de la nouvelle série STMG constitue donc une véritable opportunité pour transmettre aux élèves des notions liées à l’identité numérique, à la confidentialité des échanges, au respect des autres et de soi-même, afin de favoriser au sein des classes des pratiques qui contribueront à la formation d’acteurs avertis sur l’usage des technologies de l’information et de la communication.

Laurence COUSIN-PICHEAU
IA-IPR économie et gestion de l’académie de Versailles (78)

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1     Consulter sur ce thème le site http://eduscol.education.fr/internet-responsable
2     Consulter sur ce thème les pages de la CNIL sur le site www.cnil.fr/dossiers/scolarite-mineurs
3     L’espace numérique de travail constitue le système d'information et de communication de l'établissement qui permet d’offrir à chaque usager (enseignant, élève ou étudiant, personnes en relation avec l'élève, personnel administratif, technique ou d'encadrement) un accès simple, dédié et sécurisé aux outils et contenus dont il a besoin pour son activité dans le système éducatif. En tant que tel, il n’est pas ouvert sur le Web.