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N°16 - Juin 2013

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Le design dans une réflexion autour du learning center

À Autun en Bourgogne, des étudiants en arts appliqués ont été sollicités pour imaginer le futur learning center du lycée Bonaparte. Leur professeur restitue la démarche pédagogique et le fruit de cette expérience riche d’enseignements.

Ce projet, mené par les étudiants de première année suivant la formation du diplôme des métiers d’art – art de l’habitat (DMA) à Autun, s’inscrit dans une réflexion plus générale menée au sein de l’Éducation nationale et visant à l’adaptation de ce concept universitaire anglo-saxon des learning centers à notre système éducatif secondaire.

Il a amené les étudiants à réfléchir sur de nouvelles propositions en termes de formes et d’espaces, dans le but de rendre visibles les attentes liées à cette adaptation du learning center dans le lycée.

Durant six mois, les étudiants se sont totalement investis dans ce projet. Ils ont été amenés à travailler seuls, puis en groupe, afin de mutualiser leurs compétences et de confronter leurs points de vue. L’intérêt du travail en groupe s’établit sur une volonté des enseignants en arts appliqués de familiariser l’étudiant avec des méthodes qu’il rencontrera lors de son activité professionnelle future.

Les étudiants se sont d’abord imprégnés du concept même de learning center en rencontrant des professeurs-documentalistes et en effectuant des recherches via Internet. Après cette phase d’approche, le deuxième temps de la recherche fut d’identifier les usages, les attentes et les possibilités de développement liés à ce projet. Les étudiants ont dû ainsi définir ce qu’un learning center doit proposer en termes d’espace, d’ambiance, de ressenti et d’usage.

Ce projet s’est ensuite poursuivi par un travail en groupe afin d’élaborer et de « distiller » la réflexion.

Ce projet a permis aux étudiants d’aborder une problématique, de se confronter à une démarche et à des attentes réelles et d’échanger et de transmettre leur vision future de l’école. En tant qu’enseignant, il a permis de connaître la vision de jeunes âgés de 20 à 25 ans sur le système scolaire actuel.

Et c’est peut-être là que réside la grande originalité de ce projet, qui permet à de jeunes étudiants en design de proposer des solutions formelles et esthétiques pour améliorer les conditions d’accueil et de travail de leurs camarades des classes d’enseignement secondaire.

Pour un « étudiant designer », aborder la question du retour et de l’accueil de sa création est un fait nécessaire. Aujourd’hui, un an après cette expérience pédagogique, il est intéressant d’observer que ce projet a suscité un intérêt certain auprès des instances éducatives.

Les étudiants de DMA, poursuivant leur cursus en dernière année, ont en effet été invités à présenter leur travail de recherche dans le cadre du colloque « Refondons l’école de la République », consacré à la question des internats et organisé par le rectorat de Dijon en septembre 2012. Lors de cette journée, les interventions et débats, dirigés par François Müller (Dgesco-DRDIE), se sont attachés à exposer les orientations possibles de l’école de demain. Intégrés à cette problématique, les étudiants ont présenté leurs travaux, leurs images et leurs prototypes aux différents participants. Très favorablement accueillie, cette présentation a permis aux étudiants non seulement de prendre confiance en eux-mêmes mais aussi de démontrer la pertinence réelle de leurs propositions. Il est actuellement envisagé, au sein du lycée Bonaparte d’Autun, de créer un espace qui se construirait autour des problématiques initiées par les étudiants de DMA, c’est-à-dire autour des nouvelles pratiques associées à l’enseignement et générant en cela des lieux de travail collectif ou individuel, des lieux de repos et de détente. Ce lieu, évolutif par nature, se construira au fur et à mesure des années par l’apport régulier de prototypes fabriqués par les étudiants eux-mêmes.

Au-delà de l’expérience, cette aventure pédagogique a permis aux enseignants de cette filière d’accompagner les étudiants dans une réelle démarche prospective qui suscite des questionnements très actuels en termes d’usage et d’agencement des espaces pédagogiques.

Cette réflexion se construit bien évidemment au-delà de ces préoccupations liées au rôle de l’objet, puisqu’elle mobilise nos perceptions et nos aspirations de l’école future.

Sylvain BALIGAND
Enseignant au département arts appliqués/design de l’université de Strasbourg