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N°16 - Juin 2013

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Living labs et espaces d’innovation : quelles actions sur quels territoires ?

Que sont les living labs ou plus généralement les nouveaux espaces d’innovation ? Quelle est la place du numérique dans ces initiatives ? L’article publié dans le n°16 de L’École numérique dresse un panorama de l’action de la Fondation des territoires de demain. En complément, retrouvez ici quelques exemples de ses expériences territoriales.

Une nouvelle géographie française de l’innovation et de l’égalité territoriale

À Lille, la création d’Humanicité, sous l’égide de l’université catholique de Lille, a nécessité d’un mécanisme comme le living lab, apportant au développement de tout un territoire ses compétences en termes de codesign des projets. Pour mener à bien un projet global sur une zone de 130 hectares impliquant développement territorial, innovation sociale, mixité des populations, création d’activités et d’emplois nouveaux, mutualisation d’équipements (sociaux, sportifs, pédagogiques, culturels…) et ceci aux côtés d’espaces dédiés par excellence à la transmission et au partage de savoirs, un tel laboratoire vivant apparaît aujourd’hui indispensable, aussi pour accomplir les trois missions de formation du projet et rassembler à cette fin les futurs acteurs tout en incarnant la démarche co-élaborative de création du quartier. Le living lab s’est d’ailleurs constitué sous le nom « Les ateliers d’Humanicité », dont l’objectif est de réunir les différentes parties prenantes (usagers, politiques, universitaires, associations, acteurs économiques) dans l’intention de répondre aux problèmes qui se posent en matière d’usage, le tout pour inventer un meilleur « vivre ensemble ». Ce groupe réfléchit par exemple aux services innovants qui pourraient être mis en œuvre dans la gestion globale du quartier en matière de sécurité, de transports ou de rapports intergénérationnels. Il n’est d’ailleurs pas le seul dans la région lilloise à remplir de telles fonctions de co-organisation de l’innovation. Dans le centre de ressources de Lille design à Tourcoing, le Lille Living Lab est un laboratoire mutualisé qui s’apprête à proposer un incubateur et un atelier de fabrication servant à réaliser des prototypes sur le modèle coopératif des fab labs.

En Bretagne, un living lab au cœur de 17 démonstrateurs illustre une autre démarche. Compte tenu de la nature des expérimentations réalisées dans le programme « Bretagne mobilité augmentée » (MBA) qui allient technologies dans les solutions de mobilité et comportements en site réel, il est apparu indispensable de créer un living lab comme support aux démonstrations et expérimentations prévues. MBA propose de créer des dynamiques de changement au sein d’un panel de 17 organisations qui seront les démonstrateurs à même de couvrir une diversité de situation de mobilité. À partir d’une analyse de l’activité de chaque organisation ainsi qu’une analyse de la mobilité existante, il s’agira de configurer un nouveau système de mobilité établissant des priorités et des règles d’affectation de ressources fixées par la trajectoire d’évolution de l’organisation. Cette approche est originale, dans la mesure où elle place la mobilité au cœur de la stratégie de l’organisation. Le living lab de BMA permettra ainsi d’évaluer la pertinence des solutions, de recueillir les comportements et de les analyser, mais encore de réaliser des comparaisons entre les différents sites bretons et entre les solutions. Il repose ainsi, comme toujours, sur la participation des usagers à l’expérimentation, ce qui sera le cas sur chacun des démonstrateurs, et constitue le vecteur d’un véritable écosystème créatif mettant en osmose l’innovation technologique et l’innovation sociale. Le laboratoire vivant permettra aux entreprises fournisseurs de services et de technologies de disposer d’une structure de tests pour les nouvelles solutions de mobilité en Bretagne. Les capacités d’expérimentation et d’évaluation des solutions de mobilité élaborées et testées en situation pour répondre aux besoins des démonstrateurs serviront à structurer un living lab à l’échelle de la Bretagne. Support d’accompagnement de la transition de mobilité des acteurs du territoire, ce dispositif pourra être transposé dans d’autres contextes.

L’innovation en France au cœur d’une géo-économie internationale

Outre de multiples autres lieux en France aujourd’hui bien connus, tels que l’Espace public numérique mobile living lab de Sud Charente, on évoquera brièvement quelques activités et thématiques caractérisant un mouvement à ce jour sans vraies limites : ainsi, celui de l’École 2.0 à Medellin en Colombie ou encore le living lab MECA à Querétaro au Mexique dont l’objectif est de créer un nouvel écosystème de collaboration entre entreprises, universités, centres de recherche et communautés de personnes contribuant à la création d’un quartier de la connaissance capable de conjuguer expérimentations, services innovants et qualité de vie. Les exemples des pays de l’Amérique latine sont particulièrement importants de par leur grand nombre d’abord, mais aussi du fait de la capacité des pays émergents de baser leurs nouveaux modèles de développement économique et social sur la démultiplication de flux et hubs cognitifs, par exemple le réseau LEILAC, qui leur permet de nouvelles formes de collaboration, ceci d’ailleurs sur le modèle francophone du RELAI.

Le réseau européen et international des nouveaux métiers et des nouvelles formations

Aux côtés de ces nouveaux espaces, se sont démultipliés des réseaux thématiques tels que celui dédié aux nouveaux métiers de l’Internet et dont l’objectif est de :

  • permettre des collaborations multiples entre les grandes institutions internationales et les acteurs territoriaux ;
  • réfléchir sur la vie professionnelle au travers d’un réseau vecteur de visibilité ;
  • permettre de revoir les possibilités d’éducation enrichie et imaginer ce que seront les savoirs mobilisés pour permettre le travail de demain.

La formation enrichie, la mobilité et l’itinérance cognitive sont les thèmes développés par un autre laboratoire vivant en partenariat notamment avec la Fondation des territoires de demain. Le réseau bénéficiera ainsi d’outils mutualisés :

  • un laboratoire consacré aux nouveaux usages et services d’outils didactiques et de produits consacrés à la transmission de savoirs ;
  • un espace innovant dédié à ces problématiques, où vont être développés les scénarii relatifs aux produits et services des deux décennies à venir.

Entre tous ces lieux de réécriture de savoirs au service du développement local, aux côtés de plusieurs familles de pôles de compétences et de clustérisation des territoires, le laboratoire vivant apparaît donc comme un exceptionnel outil de création de nouvelles formes de sociabilité basées sur la quête de connaissances et leur traduction en projets vecteurs de mobilisation culturelle et de visibilité pour les décideurs : à travers eux, c’est aujourd’hui que se créent les territoires de demain.

Laura GARCIA VITORIA
directrice scientifique de la fondation des territoires de demain