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N°16 - Juin 2013

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Carte postale numérique du Luxembourg

Nicolas VAUZELLE, formateur TICE, IUFM

Alain Hoffmann est enseignant de lettres modernes au lycée technique du Centre et s’occupe à la fois de la communication et de la formation autour de Myschool et des projets de e-learning. Fort de cette expérience, il répond à nos questions sur la pénétration des TICE dans le système éducatif luxembourgeois.

Depuis quand vous êtes-vous intéressé aux TICE et pour quelles raisons ?

Dès 1999, je me suis rendu compte que le multimédia était un formidable vecteur de communication pour les jeunes. Avec les TICE, l’enseignement devient plus efficace et le savoir est diffusable plus facilement. On capte davantage l’attention des élèves et le cours devient alors plus attractif. Encore aujourd’hui, il me semble que l’école dans son ensemble ne prend pas assez en charge l’éducation aux nouvelles technologies alors qu’il existe de nombreux outils (blogs, messagerie instantanée, etc.) et ressources (plateforme Myschool, sites de diffusion vidéo, tutoriels, etc.).

Pourriez-vous nous présenter en quelques mots le projet Myschool ?

La plateforme Myschool, portail intranet du ministère de l’Éducation nationale (MEN) du Luxembourg, a été mise en place en 1999 et son volet en langue française, dont je m’occupe, en 2000. Les pères fondateurs sont Daniel Weiler, à l’époque enseignant de mathématiques et, depuis 2009, responsable TICE au MEN, ainsi que Charles Meder, professeur d’allemand. Au départ, l’objectif principal de cette plateforme était de proposer aux enseignants une banque de ressources numériques (liens vers des sites intéressants, fiches), mais elle a très vite évolué.

Quelles ont été les évolutions majeures depuis sa création ?

Ce qui a vraiment été un facteur de réussite fut la mise à disposition gratuite pour tous les enseignants et élèves du pays de plus d’une centaine de dictionnaires et d’encyclopédies. Un autre grand changement a été la mise en place en 2005 de sites thématiques pour les enseignants, ainsi que la création de mini-sites officiels, dont les manuels électroniques en ligne avec copie éditable. La plateforme possède également une banque de 4 000 vidéos avec un abonnement au site.tv et aux Jalons de l’histoire. Enfin, sur Myschool, il est possible pour les enseignants et leurs classes de créer de petits sites très facilement. Un grand avantage de la plateforme : tout est accessible avec un identifiant unique (SSO), sans avoir à s’identifier à nouveau et ce, depuis 1999.

Quelle est la fréquence d’utilisation de Myschool ?

La plateforme est utilisable par 75 000 personnes et à ce jour, 35 000 comptes sont activés. Nous avons 6 000 utilisateurs uniques quotidiens, ce qui pour moi n’est pas encore suffisant. Au total, la plateforme est utilisée par 32 établissements scolaires au Luxembourg.

77 % des établissements possédaient le haut débit, en 2006. Cela a-t-il évolué depuis ?

Le Centre de technologie pour l’éducation (CTE), département du MEN, a lancé un grand plan d’équipement pour toutes les écoles du Grandduché. Tous les établissements sont maintenant équipés en très haut débit et certains possèdent même la fibre optique.

Quels sont les types d’équipement dans les établissements ?

Le CTE a équipé toutes les écoles en salles informatiques.

Seulement 4 classes sont dotées de mini-portables que chaque élève peut emporter chez lui. Je pense qu’il faut évoluer vers ce type d’usages. Les ordinateurs doivent être disponibles partout, à tout moment où l’enseignant juge son usage opportun. De plus, nous avons mis sur Myschool toutes les ressources nécessaires pour qu’ils soient efficacement utilisés par les élèves dans un cadre éducatif. Autant nous avons été avant-gardistes en ce qui concerne Myschool, autant nous accusons ici un certain retard.

Y a-t-il une formation continue au niveau des TICE pour les enseignants ?

Tout d’abord, Myschool possède plus de 150 mini-sites qui permettent aux enseignants de s’auto-former quand ils en ont envie. Ensuite, un enseignant doit effectuer dans son service annuel 72 heures au service de l’école (réunions parents-profs, formations, etc.), dont 8 consacrées à la formations. Une grande offre de formations est proposée et les enseignants qui le désirent s’inscrivent individuellement.

Pour ma part, je délivre une centaine de formations, que ce soit en formation initiale pour les futurs enseignants ou en formation continue. Par contre, il n’y a pas de certification spécifique aux TICE délivrée aux enseignants.

Existe-t-il encore des réticences à l’utilisation des TICE de la part des enseignants ?

Les préjugés initiaux qui étaient de penser que les TICE n’étaient qu’un gadget ont globalement disparu. Tout le monde s’accorde maintenant à dire que l’informatique est indispensable dans l’enseignement. Cependant, dans la réalité, les TICE sont encore très peu utilisées dans les classes. Je pense que cela tient au fait que les enseignants ont encore peur de l’outil et qu’ils redoutent de ne pas le maîtriser suffisamment en classe.

Dispense-t-on un enseignement spécifique à l’informatique ?

Non, les TICE sont intégrées dans les disciplines et doivent être mises en place par l’ensemble des enseignants. C’est pour moi une bonne chose car cela doit inciter les enseignants à réfléchir à la manière d’introduire le numérique dans leurs cours.

Existe-t-il un processus de validation de compétences numériques comme le B2i ?

Hélas non. La France a été très en pointe sur ce domaine et a construit un outil formidable qui permet de connaître les attentes de l’institution face aux usages du numérique. Au Luxembourg, cela se fait au cas par cas. Cependant, avec la mise en place du socle commun de compétences, les TICE font leur apparition.

Pour finir, vous avez été à l’initiative du projet e-bac. Pouvez-vous nous le présenter ?

À ma connaissance, nous sommes les seuls à proposer un tel système. Toute personne qui le désire, dès lors qu’elle est âgée de 17 ans ou plus et qu’elle a le niveau de 2de générale, peut accéder à une plateforme de cours en ligne lui permettant de préparer le baccalauréat à distance. Chacun avance à son rythme. Pour passer dans la classe supérieure, le candidat doit posséder 20 modules qui composent chaque niveau (2de, 1re, terminale). Cela représente 75 % de la formation. Les 25 % restants sont des temps de rencontre et de cours en présentiel.

À noter

  • Chiffres clés du Luxembourg (étude européenne 2006)
  • 70 % des enseignants utilisent un ordinateur en classe (16e/27).
  • 84 % des enseignants disent qu’utiliser les TICE en classe est bénéfique pour les élèves, qu’ils sont plus motivés.
  • 36 % des enseignants se sentent réellement prêts à utiliser les ordinateurs en classe (9e/27).
  • En moyenne, un ordinateur pour 5 élèves (4e/27).