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N°16 - Juin 2013

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Mon compagnon de recherche Symbaloo

type : RUBRIQUE 4 - Boite a OuTices, N°16 - Article

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Dans le cadre d’un projet documentaire, l’enseignant peut avoir recours à un agrégateur de contenu. Au lycée agricole de Pau-Montardon, c’est avec l’outil Symbaloo que la professeure-documentaliste a construit un plan de veille. Elle témoigne de son expérience.

Un matin de septembre au lycée agricole public d’enseignement général et technologique de Pau-Montardon… La professeure-documentaliste annonce à ses élèves de BTS ACSE (analyse et conduite de systèmes d’exploitation) le projet documentaire pour l’année scolaire : conduire une démarche de médiation documentaire en élaborant un produit de communication à destination d’un public cible. Les regards sont interrogateurs, voire dubitatifs ! De quoi peut-elle bien parler ? Et pourtant, c’est le contenu de référentiel de formation en classe de BTS, une spécificité de l’enseignement agricole ! Les étudiants ont pour objectif d’améliorer leurs capacités de recherche et de traitement de l’information et de savoir répondre à un besoin d’information. On leur demande de s’approprier une culture informationnelle, en mobilisant tout au long de l’année leur capacité à organiser, à communiquer de l’information dans le cadre d’une stratégie de médiation documentaire.

Accroître la motivation des étudiants avec Symbaloo

Ce lundi-là, c’est la rentrée. Pour les étudiants, une vraie incertitude est celle de l’intérêt de la matière « documentation » dans leur parcours d’exploitant agricole. Les techniques documentaires et l’information-documentation paraissent être une découverte pour eux… La professeure-documentaliste pressent qu’il va falloir scénariser, trouver de l’adhésion dans sa classe, susciter la créativité et l’audace. En somme, il s’agit de les motiver en créant un cadre propice à l’apprentissage. La solution pédagogique innovante est trouvée : construire un plan de veille avec l’outil numérique Symbaloo. Changement d’ambiance immédiat au CDI, tout le monde trouve ce mot très drôle, sans vraiment savoir ce que cela signifie… Une fois le préambule des consignes terminé, la professeure-documentaliste lance une mission aux élèves : construire un écran symbaloo dit « bureau » ou « webmix ». Cet outil a le mérite de séduire instantanément les élèves : « C’est beau ! » « C’est facile ! » On peut effectivement mettre des couleurs et des photos, se construire une identité et développer un environnement de travail personnel. Un espace à soi, en même temps que pour la classe. Précisons que la documentaliste a préalablement travaillé en créant un compte Symbaloo pour la classe, puis en organisant un écran de travail autour des notions en information-documentation, et ce, pour une démonstration efficiente. Symbaloo propose, en effet, des bureaux découpés en petits pavés de forme carrée, appelés « blocs ». Ces derniers sont personnalisables via des couleurs, des avatars, des icônes : ils renvoient à des liens favoris, des sites et des pages web qui comportent du contenu informationnel sélectionné. L’élève découvre la simplicité d’utilisation de l’outil : on peut effacer les carrés, les modifier, les transférer, les partager ; il se sent capable de faire ce qu’on lui demande et il a le sentiment d’avoir le contrôle sur ses apprentissages. À savoir : ce compte Symbaloo est aussi une page d’accueil qui se déclenche lors de l’ouverture du navigateur et que l’on peut donc installer sur son propre ordinateur. En somme, toutes ces manipulations intuitives de l’outil plaisent à aux jeunes, c’est ludique et coloré. Mais au-delà de l’aspect séduisant de l’utilisation technique de l’interface, on perçoit que la motivation est aussi là. D’ailleurs, la professeure-documentaliste se rend vite compte de l’expertise technique de certains… qui d’ailleurs ne manquent pas de poser des questions plus précises. Notamment la possibilité dans le Symbaloo de référencer les flux RSS qui présentent les dernières informations d’actualité des sites en ligne.

Améliorer son enseignement à travers le numérique

Investir sa pédagogie autour d’un outil numérique comme cet agrégateur de contenus, c’est faire le pari d’amener l’étudiant à s’autoriser à la recherche, à le laisser vivre une expérience de chercheur… celle de passer librement de ce qu’il sait vers ce qu’il ignore, sans a priori, et façonner ainsi son propre chemin documentaire, faire des choix et au final bâtir un parcours de recherche l’air de rien. Le numérique permet aussi le tâtonnement et le butinage, les erreurs de parcours et la remédiation. L’enseignant n’est pas silencieux lors de ces travaux, mais il joue le rôle de facilitateur, d’accompagnateur, toujours à l’écoute, ouvert à un nouvel aiguillage de l’élève, évitant ainsi la « weberrance ». Là où les ressources sont parfois volatiles, Symbaloo propose de garder une trace de sa propre circulation sur le Net. Il offre une immédiateté de l’accès aux ressources choisies et accroît ainsi la qualité de leur exploitation. L’étudiant est rassuré, car une organisation du savoir lui est proposée dans le temps de la classe, mais aussi sur les autres temps scolaires. Ne l’oublions pas, l’enseignement en BTS est à visée professionnelle ; il est nécessaire de faire connaître ces outils nomades. Bâtir un plan de veille informationnelle, c’est une nécessité, en raison de l’hypercirculation de l’information. Les étudiants, qui s’approprient rapidement l’outil comprennent vite l’intérêt de construire un classeur numérique sur les thèmes proposés en classe, un genre de carnet de bord mobile et accessible en permanence.

Utiliser le numérique pour devenir un producteur d’informations responsable

En documentation, dans le cadre du module M2.2, au LEGTA de Pau-Montardon, le travail s’organise autour d’un thème socio-économique déterminé par le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt. Les étudiants travaillent en binôme et doivent élaborer un écran Symbaloo sur un sous-thème au choix. Cet écran personnalisé par le binôme (choix du titre, du fond d’écran, des ressources documentaires trouvés dans l’année) centralise ainsi tous les liens web qui peuvent être utiles aux lecteurs-internautes. Le public cible, destinataire de l’écran, est déterminé en début d’année : les étudiants de la classe de BTS ACSE choisissent de partager leur écran Symbaloo avec les autres filières de BTS de l’établissement. On peut dire qu’il existe une valeur ajoutée de l’outil numérique : la dimension interactive de l’outil est un atout majeur pour des élèves dont l’attention profonde sur une tâche éducative est parfois aléatoire. On travaille en temps réel, selon un système page publique/page privée qui permet de publier en direct les informations collectées.

Le partage… Voilà une notion fondamentale du Web 2.0, que les élèves connaissent déjà bien sur des outils comme Facebook et Twitter. Cependant, le travail sur un thème socio-économique les oblige à produire un écran Symbaloo de qualité, en prenant conscience de la mention de responsabilité : celle des auteurs des documents collectés sur le Net et aussi la leur lorsqu’ils deviennent producteurs de l’information. Répondre à un besoin d’information, c’est aussi assumer sa responsabilité en tant qu’auteur. Le travail sur Symbaloo est donc complété par l’élaboration d’articles pour le Web sur un blog. En classe, la professeure-documentaliste propose donc de réaliser une mouture d’article sur un blog pédagogique, de type OverBlog (facile d’utilisation). L’adresse de celui-ci est ensuite mise en lien dans l’écran Symbaloo créé par le binôme. Ainsi, la boucle est bouclée, produire de l’information, la partager, la mutualiser, contraint l’élève à évaluer la qualité des informations collectées lors de la recherche. Souvent même, la professeure-documentaliste a réussi à prouver que le travail de transversalité entre le papier et le numérique, entre l’ordinateur et le fonds documentaire du CDI, redevient pertinent. Les étudiants font un constat : « Tout n’est pas sur Internet », et trouver des informations en local, dans le CDI, est souvent plus rapide et plus fiable qu’à distance, lors d’une recherche sur l’espace du Net. Le numérique permet un nouvel enseignement, en ramenant les élèves vers les livres, par l’écran.

Céline BRUT-BEROUD
professeur-documentaliste

 

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