On peut estimer que cette situation est une raison supplémentaire permettant de considérer la pratique photographique comme susceptible de pouvoir, au moins dans certaines conditions, servir l’apprentissage du regard. Je suis même convaincu que ses vertus pédagogiques constituent, lorsqu’il s’agit d’apprendre à voir, un moyen unique et privilégié – ce que, sous l’intitulé « Contemplation et photographie », le numéro 4 de la revue « Infra-mince » www.enp-arles.com/publications.php, parmi d’autres considérations, affirme.
Mieux sans doute que l’image animée – encore que... tout dépend évidemment du cinéaste et du mode de réception de l’image cinématographique, lequel aujourd’hui, a lieu beaucoup plus fréquemment devant l’appareil de télévision ou l’écran d’ordinateur que dans une salle spécialisée – l’image fixe peut en effet apprendre à voir et à regarder. Car, au fond, il faut le dire et le redire, c’est ce qui, vraiment, importe. C’est pourquoi, de façon prioritaire, l’accent doit être mis sur ce point. La place de la pratique photographique dans un enseignement sur l’image fixe ou animée doit donc être soumise à cet impératif prioritaire. À ce titre, elle n’est donc qu’un maillon dans une chaîne qui en comporte beaucoup d’autres. Le « viseur », aujourd’hui devenu écran, est sans aucun doute un moyen de comprendre ce que cadrer, découper, sélectionner un fragment du visible, signifie – mais il n’est pas le seul. L’intervention de photographes dotés d’une formation artistique auprès de groupes d’élèves dont il ne faut pas qu’ils soient trop nombreux, est absolument pertinente dans ce contexte à la condition que le temps accordé à ces intervenants leur permette de développer un véritable travail théorique et pratique.


