Baccalauréat cinéma - L'homme à la caméra

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Baccalauréat cinéma

L’expression d’une utopie

L’Homme à la caméra s’ouvre et se referme sur une salle de cinéma où les spectateurs assistent à la projection d’un film. Cette inscription dans une salle de spectacle montre le désir de Vertov de s’interroger sur les rapports entre le cinéma et la société. Cette question retrouve les débats de la revue Lef sur l’art révolutionnaire. La division de la journée en trois temps, telle que le montre le film, évoque la formule : « huit heures de travail, huit heures de sommeil, huit heures de liberté » à laquelle se référait Léon Trotski dans son article « La vodka, l’église et le cinématographe », paru dans la Pravda du 12 juillet 1923 (voir le document Léon Trotski, « La vodka, l’église et le cinématographe »). L’auteur, à travers ce texte, s’interrogeait sur la journée de huit heures qui libérait un temps de loisirs et de sommeil égal à celui du travail. Après avoir condamné la vodka et l’église comme distraction, il privilégiait le cinématographe comme « instrument d’éducation collectif » : « Le cinématographe rivalise avec le bistrot, mais aussi avec l’église », écrivait-il. Il appelait ainsi l’État à aider à son développement. C’est à cet idéal que semble se référer Vertov à travers L’Homme à la caméra. Par la « théorie des intervalles », le cinéaste opère un jeu d’échos, de rimes et de correspondances pour mener sa réflexion sur l’organisation d’une journée (voir le document Montage à distance).