1960 Année de l'Afrique

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1960 Année de l'Afrique

Une organisation continentale : l’OUA

Fondée en 1963, remplacée en 2002 par l’Union africaine (<abbr title="Union africaine">UA</abbr>), l’Organisation de l’unité africaine (<abbr title="Organisation de l’unité africaine">OUA</abbr>) est une réalisation du mouvement panafricaniste (qui postule l’unité du continent), mais dans une version modérée. En quoi l’<abbr title="Organisation de l’unité africaine">OUA</abbr> résume-t-elle à la fois les espoirs et les limites de l’unité africaine ?

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Images INA - Monsieur Léopold Senghor à l’Élysée (JT 20H - 27/05/1963)


Ce reportage rend compte des espoirs mais aussi, déjà, des difficultés de l’unité africaine. Le président du Sénégal Léopold Senghor fait allusion à la conférence d’Addis-Abeba (Éthiopie), première conférence des États africains indépendants qui s’est tenue du 22 au 25 mai 1963 et à l’issue de laquelle est née l’Organisation de l’unité africaine, le 25 mai 1963. Le pays a été choisi en raison de l’indépendance du très vieil Empire et du prestige de son chef, le négus Hailé Sélassié.

En creux, Senghor témoigne de certaines oppositions, entre le groupe de Casablanca (à tendance progressiste, conduite par Nkrumah et Sékou Touré) et le groupe de Monrovia (à tendance modérée, représentée par la plupart des chefs d’État francophones et anglophones), mais aussi entre Arabes et « Négro-Africains », et anglophones et francophones. Ces oppositions sont apparues dès 1961. Le groupe de Casablanca réunissait les représentants du Ghana, de la Guinée, du Mali, du Maroc, de la République arabe unie (<abbr title="République arabe unie">RAU</abbr>) et du Gouvernement provisoire de la république algérienne (<abbr title="Gouvernement provisoire de la république algérienne">GPRA</abbr>). Elle prônait la création d’un marché commun africain et d’une citoyenneté africaine unique. À l’opposé, la conférence de Monrovia, qui réunit 21 pays subsahariens, se prononça pour le renforcement des États-nations en affirmant l’égalité absolue entre eux et le respect de la souveraineté de chacun. Plus modéré que le groupe de Casablanca, il préconisait le maintien voire le renforcement des relations économiques avec les anciennes métropoles afin d’attirer les capitaux nécessaires au développement.

La charte de l’<abbr title="Organisation de l’unité africaine">OUA</abbr> marque la victoire des modérés en abandonnant tout projet supranational (marché commun africain, citoyenneté africaine), en reconnaissant le caractère définitif des frontières héritées de la colonisation et en proclamant l’égalité souveraine des États et le principe de non-ingérence dans leurs affaires intérieures.

Par principe, l’<abbr title="Organisation de l’unité africaine">OUA</abbr> soutient les peuples en lutte pour leur libération mais ne dispose pas de moyens appropriés. Très divisée sur la conduite à tenir face à l’Afrique du Sud, l’<abbr title="Organisation de l’unité africaine">OUA</abbr> s’est par ailleurs montrée impuissante face aux tentatives séparatistes comme au Nigeria (Biafra), au Congo-Zaïre (Katanga-Shaba) et dans la Corne de l’Afrique.

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Images INA - Senghor (IT1 NUIT - 14/01/1981)


En 1981, Senghor revient sur la conférence d’Addis-Abeba de 1963 qui donna naissance à l’<abbr title="Organisation de l’unité africaine">OUA</abbr>. Il rappelle les deux grandes conceptions de la manière de faire l’unité africaine qui s’y affrontèrent, et se montre optimiste pour l’avenir.