Le 14 Juillet, naissance d’une fête nationale

Le 14 Juillet, naissance d’une fête nationale

Le 14 juillet 1889

En 1886, pour la première fois, une femme défile avec les militaires. Cantinière au premier bataillon du 131e régiment d’infanterie de ligne, active pendant la guerre de Crimée, Marie Vialar défile avec son régiment devant les autorités militaires.

Le 14 juillet 1889

Le 14 juillet 1889 occupe forcément une place particulière :

Le bal du 14 juillet

Théophile Steinlen (1859-1923), Le bal du 14 juillet, Paris, musées de la Ville de Paris, © RMN / Agence Bulloz

Avec ses personnages attablés aux terrasses des cafés et ses danseurs enlacés, Steinlen saisit dans un style coloré et incisif l’exubérance joyeuse d’un bal. Le peintre rassemble pour cette fête du 14 Juillet toute une panoplie de figures familières du Paris populaire et canaille : ouvriers, artisans, gens de maison mais aussi souteneurs et escrocs que l’on surnomme alors les Apaches. La rue pavoisée de drapeaux tricolores sert de décor à cette fête nocturne qui s’illumine aux feux des lampions. Le 14 juillet 1889 occupe une place un peu à part. L’année a commencé par les difficultés des républicains dans la crise boulangiste, s’est poursuivie par la reprise en main au printemps par le gouvernement après le fiasco du mouvement hétérogène antirépublicain. Au mois de mai les cérémonies du centenaire de la Révolution française commencent de même que l’exposition universelle. La France se ressoude autour de ces célébrations majeures.

Installé à Montmartre depuis 1881, le Suisse Steinlen est un familier de ce moment de liesse populaire. Depuis son instauration en 1880, le 14 Juillet, qui rappelle la prise de la Bastille, emblème du renversement du pouvoir monarchique, est un moment de cristallisation de l’identité nationale. Au fil des années, les manifestations gagnent les faubourgs de la capitale décorés pour l’occasion d’arcs de triomphe, de guirlandes de feuillages, de drapeaux et de lampions. Fervent lecteur de Zola dont il est l’ami, Steinlen se fait connaître par ses illustrations et ses caricatures sociales et politiques qui paraissent dans la presse. Mais, comme son aîné Daumier, il consacre à la peinture la part la plus secrète et la plus libre de sa création. En novembre 1959, Le Bal du 14 juillet figure à la rétrospective que le Salon d’automne consacre à Steinlen. Cette peinture qui est l’une des plus grandes peintes par l’artiste rejoint alors les collections de la Ville de Paris.