L'armistice du 11 novembre 1918

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L'armistice du 11 novembre 1918

La mobilisation politique

Le président de la République appelle à l’Union sacrée :

L’Union sacrée que j’ai appelée de mes vœux dans mon message au Parlement s’est réalisée dans le pays comme par enchantement. La déclaration de guerre de l’Allemagne a suscité dans la nation un magnifique élan de patriotisme. Dans la presse, aucune note discordante. L’état de siège a été proclamé, la censure est établie ; mais, dans l’enthousiasme général, aucune de ces mesures d’exception n’est vraiment nécessaire pour assurer l’unité de l’opinion nationale. Les ministres donnent sans effort l’exemple vivant de la concorde ; ils oublient que, récemment, ils étaient presque tous mes adversaires politiques.

Raymond Poincaré, Au service de la France, Plon, 1926

 

L'Union sacrée est acceptée par les dirigeants socialistes :

Cette guerre, nous ne l’avons pas voulue. Ceux qui l'ont déchaînée, despotes aux visées sanguinaires, aux rêves d’hégémonie criminelle, devront payer le châtiment (...)

Acculés à la lutte, nous nous levons pour repousser l’envahisseur, pour sauvegarder le patrimoine de civilisation et d’idéologie généreuse que nous a légué l’histoire. (...) Nous serons des soldats de la liberté pour conquérir aux opprimés un régime de liberté, pour créer de l’harmonie entre les peuples par la libre entente entre les nations, par l’alliance entre les peuples.

Léon Jouhaux, secrétaire général de la CGT, discours prononcé aux obsèques de Jean Jaurès, le 4 août 1914.

Le président de la République Raymond Poincaré, n'étant pas autorisé par les institutions à s’adresser directement aux parlementaires, son message est lu le 4 août 1914 par le président du Conseil René Viviani à la tribune de la Chambre des députés. Poincaré appelle à la trêve des partis, à l'« Union nationale » car « la France vient d’être l’objet d’une agression brutale et préméditée ». L'entrée en guerre suscite un sentiment patriotique qui permet le vote unanime des crédits de guerre. Lors du remaniement ministériel du 26 août, on voit entrer au gouvernement de Viviani des socialistes et des hommes de la droite républicaine. Les querelles d'avant-guerre sont mises entre parenthèses, même si la droite nationaliste n'entre pas au gouvernement. Même l’Église catholique, pourtant en conflit avec la république anticléricale, soutient la cause de la défense nationale. D'où le « caractère surprenant » de cette union sacrée relevé par Poincaré dans ses mémoires. Avec la lassitude de la guerre, la vie chère, les offensives meurtrières, l’Union sacrée au gouvernement éclate en 1917 : un courant pacifiste se développe chez les socialistes. Le consensus autour de la cérémonie du 11 novembre 1920 et l'inhumation du soldat inconnu permettent cependant de retrouver « une ferveur née de la guerre, née dans la guerre et soudée par des millions de morts et de blessés » (Annette Becker).