L'armistice du 11 novembre 1918

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L'armistice du 11 novembre 1918

Une large mobilisation de la main d'oeuvre

Femmes et ouvriers indochinois dans une usine d'armement 
© Roger Viollet

 

La mobilisation massive dès les débuts de la guerre désorganise les économies des belligérants. En France, le 15 août 1914, la moitié des établissements industriels sont fermés, faute de personnel.

Rapidement, des besoins en matériel se font sentir sur le front où il faut des obus, des uniformes, des chaussures... et la production n'y répond pas.

La question de la main d'œuvre est en France résolue par le rappel d'ouvriers spécialisés, retirés du front et renvoyés dans les usines et les mines (affectés spéciaux). On procède aussi au recrutement de travailleurs étrangers (Polonais, Espagnols, Portugais, Grecs) et coloniaux (Algérie et Indochine). Enfin, même si la guerre n'est pas à l'origine du travail féminin, celui-ci connaît un essor important : en France, les femmes travaillant dans l'industrie et le commerce sont à la fin de 1917 vingt fois plus nombreuses qu'en 1914. Dans l'industrie de guerre, les « munitionnettes » (photo) représentent en 1918 le quart des effectifs. « Si les femmes qui travaillent dans les usines s'arrêtaient vingt minutes, les Alliés perdraient la guerre » déclare le général Joffre en 1915. Le travail permet aux femmes de compléter les revenus du ménage quand le chef de famille a été mobilisé. En janvier 1917, en revanche, des grèves éclatent en région parisienne dans des usines de guerre. Les revendications sont salariales, le pouvoir d’achat a baissé de 10,5 % depuis le début de la guerre. Fin mai, une nouvelle grève touche un très grand nombre d’usines travaillant pour l'effort de guerre. Les revendications sont satisfaites et le travail reprend assez rapidement.

Les historiens, dans les années 1960-1970, ont avancé l'idée que la guerre avait émancipé les femmes. Les recherches récentes sont plus nuancées sur ce point. Au retour des combattants, les femmes ont été brutalement démobilisées. Seules les Anglaises et les Allemandes ont obtenu le droit de vote.