L'armistice du 11 novembre 1918

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L'armistice du 11 novembre 1918

Le traité de Versailles

Le traité de Versailles, 1919 (Extraits)

Art. 42. Il est interdit à l'Allemagne de maintenir ou de construire des fortifications, soit sur la rive gauche du Rhin, soit sur la rive droite, à l'ouest d'une ligne tracée à 50 kilomètres de ce fleuve.

Art. 43. Sont également interdits dans la zone définie à l'article 42, l'entretien ou le rassemblement de forces armées (…)

Art. 51. Les territoires cédés à l'Allemagne (…) par le traité de Francfort du 10 mai 1871 sont réintégrés dans la souveraineté française à dater de l'armistice du 11 novembre 1918.

Art. 119. L'Allemagne renonce, en faveur des principales puissances alliées et associées, à tous ses droits et titres sur ses possessions d'outre-mer.

Art. 160. (…) la totalité des effectifs de l’armée des États qui constituent l'Allemagne ne devra pas dépasser 100000 hommes (…)

Art. 171. (…) Sont également prohibés la fabrication et l'importation en Allemagne des chars blindés, tanks (...)

Art. 198. Les forces militaires de l'Allemagne ne devront comporter aucune aviation militaire ni navale.

Art. 231. Les gouvernements alliés et associés déclarent, et l’Allemagne le reconnaît, que l’Allemagne et ses alliés sont responsables pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les gouvernements alliés et associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre qui leur a été imposée par l’agression de l’ Allemagne et de ses alliés.

Art. 232. Les gouvernements (…) exigent (…), et l’Allemagne en prend l’engagement, que soient réparés tous les dommages causés à la population civile des (…) alliés (…) et à ses biens.

 

Quelques réactions au traité

La campagne accomplie pour faire payer par l'Allemagne les dépenses de guerre nous semble avoir été un des actes les plus graves de folie politique dont nos hommes d'État aient jamais été responsables. C'est vers un avenir bien différent que l'Europe aurait pu se tourner si M. Lloyd George et M. Wilson avaient compris que les plus importants problèmes qui devaient les occuper n'étaient ni politiques ni territoriaux, mais financiers et économiques, et que les dangers qui menaçaient n'étaient pas dans des questions de frontières et de souveraineté mais de ravitaillement, de charbon et de transports.

John Maynard Keynes, Les Conséquences économiques de la paix, N.R.F., trad. P. Frank, 1920 

 

Une paix trop douce pour ce qu'elle a de dur : dès qu'elle avait été connue, nous en avions donné cette définition. (...) Le traité enlève tout à l'Allemagne, sauf le principal, sauf la puissance politique, génératrice de toutes les autres. Il croit supprimer les moyens de nuire que l'Allemagne possédait en 1914. Il lui accorde le premier de ces moyens, celui qui doit lui permettre de reconstituer les autres, l'État, un État central, qui dispose des ressources et des forces de 60 millions d'êtres humains et qui sera au service de leurs passions.

Jacques Bainville, Les Conséquences politiques de la paix, Fayard, 1920

 

Jamais n'a été infligée à un peuple, avec plus de brutalité, une paix aussi accablante et aussi ignominieuse qu'au peuple allemand la paix honteuse de Versailles. Dans toutes les guerres des derniers siècles, des négociations entre vainqueur et vaincu avaient précédé la conclusion de la paix. (...)

Mais une paix sans négociations préalables, une paix dictée comme celle de Versailles, est aussi peu une vraie paix qu'il n'y a transfert de propriété quand un brigand renverse à terre un malheureux et le contraint ensuite à la lui remettre son porte-monnaie.

La paix de Versailles nous a ravi plus de soixante-dix mille kilomètres carrés et plus de sept millions d'habitants.

Mémoires du chancelier prince de Bülow, t. 3. Plon, 1931

 

La conférence de la paix qui met fin à la guerre se réunit en janvier 1919. Les négociations s'appuient sur les propositions du président américain Wilson.

Cinq traités sont signés entre juin 1919 et août 1920, avec l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, la Hongrie. Le sort de l'Allemagne est réglé par le traité de Versailles. Le traité est signé dans la galerie des Glaces du château de Versailles, où l’Empire allemand avait été proclamé, après la défaite française, en janvier 1871. La date de signature (28 juin 1919) est celle du 5e anniversaire de l’assassinat de François-Ferdinand, qui a entraîné l'Europe dans la guerre. Début mai, les Quatre (France, Angleterre, Italie, États-Unis) ont communiqué à la délégation allemande (6 membres issus de l’Assemblée constituante qui siège à Weimar) le projet de traité. Tous les articles (231 notamment) ont été contestés. Le projet rendu public soulève l’indignation de la presse allemande et provoque des manifestations. C'est sous la menace d'une reprise des hostilités que la délégation allemande est sommée de signer sans conditions.

Les clauses territoriales du traité de Versailles imposent à l’Allemagne la restitution de l’Alsace-Lorraine à la France, la cession de territoires à la Pologne (corridor de Dantzig qui isole la Prusse orientale), l’abandon de ses colonies.

L’article 231 justifie en grande partie la démilitarisation de l’Allemagne. Avec ses alliés, elle y est déclarée « responsable » de la guerre. La population allemande considère cette position comme un « diktat des Alliés », thème favori du discours des extrémistes allemands de l’entre-deux-guerres.

Une notion nouvelle apparaît, celle de réparation. C’est avec les réparations que la responsabilité morale de l'Allemagne est mise en évidence. Le montant de ces réparations est fixé par une commission après la conférence de la paix. L'économiste britannique John Maynard Keynes, en désaccord avec un montant trop élevé qui pourrait compromettre la reconstruction de l'économie allemande et les échanges internationaux, démissionne de sa fonction d'expert à la conférence.

Le traité ne sera d'ailleurs qu'en partie appliqué et suscitera un très vif ressentiment chez les Allemands qui le considèrent comme un « diktat ». Hitler s'en servira comme argumentaire politique et fera de la lutte contre le traité l’un des axes directeurs de la politique extérieure nazie.

Le traité de Versailles prévoit aussi la création de la Société des Nations, assemblée des États qui doit empêcher toute nouvelle guerre par la négociation.