La chute du Mur de Berlin

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La chute du Mur de Berlin

Les démocraties populaires d’Europe de l’Est

a. Extraits de la Constitution tchécoslovaque (1960)

Art. 1 : La République socialiste tchécoslovaque est un État socialiste, fondé sur l’alliance solide des ouvriers, des paysans et des intellectuels avec la classe ouvrière à sa tête […]. Elle fait partie du système socialiste mondial.
Art. 2 : Tout le pouvoir appartient au peuple travailleur qui exerce le pouvoir d’État par les Corps représentatifs, élus et contrôlés par lui et responsables devant lui.
Art. 4 : La force dirigeante dans la Société et dans l’État est l’avant-garde de la classe ouvrière, le Parti communiste de Tchécoslovaquie, union volontaire de combat des citoyens les plus actifs et les plus conscients des rangs des ouvriers, des paysans et des intellectuels.

b. Extraits de la Constitution de la RDA (1949)

Art. 9 : L’économie de la RDA trouve son fondement dans la propriété socialiste des moyens de production […]
Art. 12 : Les richesses du sous-sol, les mines, les centrales énergétiques, les barrages et les eaux, les richesses naturelles du socle continental, les banques et les sociétés d’assurance, les fermes d’État, les moyens de communication, les chemins de fer, les moyens de transport de la navigation aérienne et maritime, les installations des postes et des télécommunications sont propriété du peuple.
La propriété privée de ces biens est inadmissible.


À la fin de la guerre, en Europe centrale et orientale libérée par l’armée rouge, l’URSS impose des gouvernements dominés par les communistes. Ces derniers s’emparent des postes clés des gouvernements et éliminent leurs partenaires non communistes, accusés d’être des « suppôts de l’impérialisme américain ».
En Tchécoslovaquie, le « Coup de Prague » illustre cette politique. Le chef du parti communiste Klement Gottwald, président du Conseil grâce aux 38 % de suffrages recueillis aux élections de 1946, organise dans les villes, les campagnes et les villages, des Comités d’action révolutionnaire qui s’appuient sur des milices armées. Il fait ainsi pression sur le président de la République, le modéré Edvard Benès, pour le contraindre à accepter la démission de douze ministres qualifiés de « bourgeois » et former un gouvernement « sans réactionnaires ». Affaibli, le président Benès cède et Gottwald forme un gouvernement communiste. Le pluralisme disparaît rapidement de la politique des pays d’Europe de l’Est, remplacé par le système du parti unique.
À l’image de la Tchécoslovaquie et de l’Allemagne de l’Est (RDA), entre 1947 et 1953, les pays d’Europe de l’Est deviennent des démocraties populaires sur le modèle de l’URSS stalinienne. Les institutions sont calquées sur celles de l’URSS. C’est le parti communiste, parti unique, qui impose l’idéologie et mène la politique. Les dirigeants communistes non désignés par Staline sont victimes de purges et de procès. Il y a 100 000 déportations d’opposants en Bulgarie en 1947. L’économie est transformée, à l’image de l’économie soviétique, par la collectivisation forcée des terres, la nationalisation de l’industrie et du commerce, la priorité donnée au développement de l’industrie lourde et le choix de la planification. Il faut être membre du parti communiste pour assumer des fonctions dirigeantes dans la vie économique, politique et culturelle.