Tous les actes du FIG 2012 : tables rondes et conférences
cliquez sur l'année de votre choix et découvrez les nouveautés et les archives du FIG
Créé à l’initiative de Gérard Dorel, alors inspecteur général de l’Éducation nationale, le site d’accompagnement didactique et pédagogique des Actes du Festival international de géographie (FIG) permet depuis 1999 d’accéder aux différentes contributions présentées chaque année au FIG. Il met à disposition des enseignants du secondaire, des lycéens, des enseignants et des élèves en classes préparatoires aux Grandes Écoles ainsi que des candidats...
FIG 2012Nature, culture, économie
Pays invité : La Turquie
Depuis les débuts de la géographie, le paysage tient une place prépondérante comme premier rapport à l’espace. Témoin des héritages mais aussi des évolutions des sociétés humaines, il se renouvelle au gré des aménagements. Son observation et sa description restent donc encore aujourd’hui au cœur de la démarche du géographe. Le Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges propose dans son édition 2012 une vision renouvelée de ce thème et de ses enjeux pour la discipline.
Il ne se passe pas une journée sans que l’on manifeste ou s’interroge, ici et là, contre la construction d’un mur mitoyen qui bouche la vue, l’implantation d’éoliennes, le passage d’une voie de chemin de fer à grande vitesse, l’installation d’une ligne à très haute tension, ou l’implantation d’une usine de retraitement des ordures ménagères ! Que défend-on ? Le paysage, bien sûr, mais quel paysage et pour qui ? Cette question territoriale appelle des réponses complexes, qui font intervenir la nature des aménagements, l’ampleur des emprises géographiques et le profit que peuvent en retirer ceux qui en sont proches. Le paysage est donc, et depuis les années 1970, un enjeu majeur des politiques publiques et privées. Mais dans le temps où le problème s’invitait dans tous les débats nationaux, la conception de l’aménagement évoluait. Sur quoi doit-on agir ? Les paysages exceptionnels à totalement protéger ou le cadre de vie « ordinaire » des populations ? Et qui, en fin de compte a la responsabilité du paysage ? Les États ou les groupements d’initiative locale ? La dilution de l’action induit une banalisation du « paysage extraordinaire » ou supposé tel, que traduit l’inflation des demandes de Le barrage de Vinça sur la Têt (Pyrénées-Orientales / B. Lemartinel) classement à l’UNESCO : la dimension internationale s’avère paradoxalement de plus en plus prégnante lorsque les échelons subsidiaires veulent s’opposer aux décisions des États « souverains ». C’est ainsi que l’Europe, souvent contestée par ailleurs, a, par le biais d’une convention très largement ratifiée, pris une place essentielle dans les questions d’aménagement. Le géographe, spécialiste des paysages, se doit donc d’être au cœur du débat souvent très polémique durant lequel se discute notre futur quotidien !
Bertrand Lemartinel,
Directeur scientifique du FIG