Aller directement au contenu de la page
Aller au plan du site
Aller au menu bas de page

Mag filmMag film

Accueil > Films > Edward aux mains d’argent > Plans rapprochés

Edward aux mains d’argent

Plans rapprochés

Comment poser les enjeux d’un film en quelques plans ?

L’entrée en scène de Peggy (Time code : 5:13) 1

Cette image se situe lors de la deuxième séquence du film, après la mise en route du récit enchâssé. L’arrivée de Peggy est annoncée par des bruits de marteau qui évoquent les coups de bâton de gendarme au théâtre et soulignée, toujours sur le plan sonore, par le bruit des talons féminins. L’artificialité des couleurs présage de celle des relations entre les habitants, au diapason du métier de Peggy, représentante en cosmétiques.

En profondeur de champ, on aperçoit les autres maisons du quartier, qui ont été montrées en montage « cut » dans les plans précédents. À leur unité architecturale répond la réification des personnages qui sont de mêmes couleurs pastel que les murs qui les enclosent. Les lignes géométriques, verticales et horizontales, donnent une impression de froideur et d’immobilisme, qu’accentue encore la fixité de la caméra.

Une ménagère toutes griffes dehors (Time code : 6:44) 2

Cette impression d’un univers figé et glaçant est confirmée par les propos acides des femmes que Peggy va solliciter et qui présentent toute la palette de la femme américaine au foyer : la mégère sarcastique, la nymphomane hystérique, la puritaine inquiétante et l’adolescente égoïste. Les champs/contre-champs qui accompagnent ces rencontres disent l’hostilité qui couve derrière ces façades édulcorées. La profondeur de champ parle en permanence de la rigidité de l’organisation du quartier (volets clos). L’harmonie saturée des couleurs bonbons des murs et des tenues vestimentaires a quelque chose de dissonant qui tourne à la stridence. Le rictus figé de Dianne Wiest exprime son malaise face aux réprimandes de sa voisine qui barre l’entrée de toutes ses griffes, ses ongles manucurés scintillant comme des lames agressives. L’attitude réfractaire de Joy est renforcée par le système de sécurité inclus à la gauche du cadre. Ce beau quartier n’est que froideur, défiance et moquerie (les enfants raillent Peggy quand elle monte dans sa voiture).

Un univers dans une boule magique (Time code : 7:49) 3

La rencontre à l’écran des deux mondes advient par un mouvement de recul de Peggy qui regarde en arrière, consulte son déflecteur en désespoir de cause... et voit éclater un conflit stylistique en plein cadre : pastels guimauves du quartier, blanc et noir du château. Modernité plate et cubique de l’un, romantisme échevelé de l’autre. Le château s’inscrit dans un rond qui rompt les lignes droites du quartier. Il évoque une boule magique dont Peggy serait la détentrice inconsciente. Ce plan résume tout l’enjeu du film : les deux univers vont-ils réussir à se rencontrer pour en créer un troisième ? 

Bienvenue au château (Time code : 9:48)  4

Dès que Peggy prend la décision de faire demi-tour jusqu’au château, la caméra, jusque-là fixe, se fait mouvante : les panoramiques alternent avec les plongées et la musique s’allège. Peggy vient de repousser le rideau de verdure qui la sépare du jardin d’Edward. Tout n’y est que douceur et souplesse, harmonie (les voix angéliques dans la musique de Dany Elfman). Aux couleurs artificielles des parois ont succédé les couleurs végétales des parterres fleuris et des buissons sculptés. Bien que délabré, le château se fait hospitalier et une large main, paume ouverte, accueille la visiteuse et annonce l’intrigue à venir. Le champ profond invite l’imaginaire.

Fiche élève

Après avoir regardé les deux scènes 4:57 à 13:33, renseigne le tableau suivant :

 

 Scène I : Peggy et ses voisines Scène II : au château
 Lignes de force 
 Couleurs

 

 Plans

 

 Mouvements de caméra 

 

 

 Personnages 

 

 Musique 

 

Appuie-toi sur ces observations pour faire en quelques phrases le commentaire de cette séquence. 

  • Agrandir ou rétrécir le texte
  • Partager sur les réseaux sociaux
    PARTAGER CETTE PAGE
    • Twitter