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Diversité des formes d’action de la propagande à l’action militaire

Les papillons de la Résistance

Souvent réalisés de manière artisanale sur des étiquettes et du papier d’écolier, les papillons et les graffitis manifestent la présence de la Résistance.

Tract réalisé par trois pensionnairesTract réalisé par trois pensionnaires
du lycée Émile-Loubet à Valence
à l’occasion du 11 novembre 1940.
Ils recopient une phrase de Clemenceau :
« Collaborer avec l’ennemi, c’est trahir ! »
© Archives départementales de la Drôme, 309 J 24.

Peu de jours après la rentrée des classes, probablement à l’occasion du 11 novembre 1940, Roger Coursange (19 ans), Roger Balandreau (18 ans) et Edmond Duco (18 ans), pensionnaires du lycée Émile Loubet à Valence, décident de réagir à la situation créée par l’armistice et à leur désaccord avec la politique de collaboration. Ils recopient une phrase de Clemenceau sur un tract : « Collaborer avec l’ennemi, c’est trahir ! »
Les tracts sont tirés sur une imprimerie-jouet, entourés de liserés bleu et rouge réalisés aux crayons de couleur.

Source : Jean Sauvageon, AD Drôme.

Au lycée Masséna de Nice un groupe de lycéens gaullistes se constitue dès la rentrée d’octobre 1940 autour de Jacques Peirani

Leur action consiste à diffuser des feuilles clandestines et à s’opposer aux partisans du Maréchal et aux collaborationnistes actifs au lycée. Jacques Peirani évoque dans ses souvenirs la figure de Jean Barbier, fils de l’ancien proviseur.

« Nous étions un jour sous un préau à parler un peu fort de notre engagement et un professeur de Lettres nous a interpellés avec violence : “Vous êtes des saboteurs de la Révolution nationale, au garde-à-vous ! Vous allez voir comme je vais vous mettre au pli, je vais décimer la classe, c’est-à-dire sanctionner un élève sur dix comme César le faisait vis-à-vis de ses légions défaillantes” […] Chaque fois qu’un élève nous rejoignait, Barbier lui remettait une Croix de Lorraine gardée pieusement mais Jean, plus audacieux que nous, la portait visiblement à l’intérieur du lycée […]À la sortie, nous l’escortions et le raccompagnions sur son chemin pour éviter qu’il ne se fasse “casser la figure”. Au début de l’année 1941, il avait disparu du lycée, j’avais demandé ce qu’il devenait à l’un de ses proches et j’avais appris qu’il avait cherché à gagner Londres et rejoindre le général de Gaulle. À son retour à Nice, en avril, l’administration du lycée l’avait exclu pour “propagande gaulliste” sans égard au grand mérite de son père, proviseur pendant dix ans. Cela montra la grande sévérité de l’administration vichyste. Cet incident, toutefois, servit de révélateur dans le lycée. À l’occasion des bagarres, nous avons pu savoir qui était pour nous et qui était contre. À l’avenir, il fallait se montrer plus prudent, la clandestinité s’apprend avec la répression. »

Source : http://www.musee-resistance-azureenne.com/les-jeunes-dans-la-resistance-azureenne.html

Jean Barbier quitte la région niçoise pour la région parisienne. Il s’engage en 1943 dans un maquis de l’Eure et trouve la mort au combat en juin 1944.