Aller directement au contenu de la page
Aller au plan du site
Aller au menu bas de page

lycées dans la résistancelycées dans la résistance

1940, une rentrée sous le signe de la défaite

À Saint-Germain-en-Laye

[…] la première rentrée après l’armistice se fait sous le signe des réquisitions. Plusieurs établissements comme l’école Saint-Erembert ou l’ancienne école normale sont occupés par l’armée allemande.

« Saint-Erembert a été immédiatement réquisitionné […] Lorsque le directeur est revenu d’exode, il a découvert qu’il ne pouvait pas faire la rentrée scolaire. Il y a eu à ce moment-là l’attribution d’un orphelinat qui se trouvait rue de Lorraine et qui était libre, les orphelins n’ayant pu rejoindre la région parisienne, et c’est dans cet orphelinat que se sont déroulés les cours pendant l’Occupation, au 10 rue de Lorraine et au 2 ensuite quand il a fallu une extension […] Là où, à quelques pas de la Kommandantur, tous les matins, le rassemblement se faisait avec le lever des couleurs… »

[…] Le lycée de jeunes filles qui doit subir durant toute la guerre une présence allemande importante. Dès la rentrée 1940, l’établissement n’a plus la possibilité d’accueillir des pensionnaires.

« L’internat a été occupé tout de suite, mais les classes du lycée n’ont jamais été occupées. On ne voyait pas d’Allemands dans les couloirs […] À partir de 1943, les cours n’avaient lieu qu’à mi-temps, les grandes classes le matin, les petites l’après-midi. Le lycée n’avait plus toutes ses salles libres. Les Allemands les occupaient… »

Source : d’après une enquête réalisée par une classe du collège Roby et publiée sur Strabon
http://www.clg-roby-stgermain.ac-versailles.fr/eleve/histoire/roby3945/scolarite.html.

À Nevers

En 1940, un détachement allemand s’installe dans les locaux [du lycée] mais « […] le 20 octobre les occupants pliaient bagage ; deux jours plus tard les classes étaient ouvertes et le 27 octobre, réfectoire et dortoirs accueillaient les pensionnaires. Le lycée retrouvait ses locaux, le départ des réfugiés avait ramené son effectif à un chiffre normal et la démobilisation lui avait déjà restitué son personnel régulier, à l’exception de trois, prisonniers de guerre ».

Source : http://museduc.nevers.pagesperso-orange.fr/1939_1944(1).pdf

Au lycée Rollin (aujourd’hui Jacques-Decour) à Paris, un professeur décrit, après la guerre, l’atmosphère de la salle des professeurs en 1940

« Octobre 1940. D’incertaines vacances se sont terminées, de lents convois ont ramené des provinces de refuge maîtres et élèves. Nous nous retrouvons dans notre cercle, jadis animé et bruyant, aujourd’hui morne et triste, chacun apporte ses soucis. Certes nous nous connaissons bien. Mais après cette affreuse tempête qui a tout emporté, peut-on prévoir ce qui reste dans chaque esprit des idées, des sentiments, des croyances d’hier ? Que pense-t-il celui-là ? Il était naguère socialiste ou royaliste, communiste ou modéré. Comment a-t-il réagi aux évènements ? […]
À cette défense de la patrie qui était en même temps la défense de l’esprit, les uns ont consacré jusqu’à l’ultime sacrifice un noble courage, d’autres les ressources d’une passivité ingénieuse : tous, ou presque ont fait leur devoir. »

Source : Aristide Belais, Decour-Eclair, n° 5, octobre 1945, cité par Bertrand Matot in La Guerre des cancres, Ed. Perrin, 2010, p. 92.

Dans son journal de guerre Déposition, le critique littéraire Léon Werth tient la chronique de l’état de l’opinion des lycéens de Bourg-en-Bresse

« Claude à quinze ans et demi et, par un effet de la guerre, il est, hélas ! interne au lycée de Bourg […] Le lycée est partagé en deux groupes : un groupe Pétain et un groupe de Gaulle (on entend parfois fredonner dans les cours le God save the King) » – 24 novembre 1940.

« Au lycée de Bourg, un tract a été collé sur un placard où l’on appose d’ordinaire les notes et les circulaires de l’administration.
Si vous voulez la liberté : PÉTAIN.
Si vous voulez être esclave des Juifs et des Francs-Maçons : DE GAULLE. » – 21 janvier 1941.

« Sur les quarante élèves de la classe de première, Claude me donne cette statistique approximative : 20 anglophiles, soit pétinesques, soit gaullistes, 14 pétinesques vichyssois, dont 2 hitlériens, 3 Action française, 3 partisans de la collaboration, 6 indifférents. Est-ce là une image de la France non occupée ? » – 11 mars 1941.