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Dersou Ouzala

Un sage au service du grand tout

Brosser le portrait physique et moral de Dersou Ouzala. Décrire son comportement avisé face au monde qui l’entoure. Expliquer l’importance vitale d’entretenir le grand tout cosmique qui unit tous les êtres.

L’entrée en scène du personnage éponyme du film est traitée sur le mode de l’apparition fantastique (voir « Plans rapprochés »). Destiné à frapper l’esprit du spectateur, l’artifice cinématographique permet d’emblée de faire du personnage un être d’exception, littéralement extraordinaire (à l’exact antipode de sa petite taille et de son caractère humble), de l’inscrire durablement dans le mythe. Dersou Ouzala vit en parfaite harmonie avec la mère nature qui lui donne tout ce qu’il désire. Aussi se garde-t-il de rompre le lien cosmique qui le rattache à elle et aux autres hommes. Dersou se caractérise par une immense sagesse et une très grande simplicité, pendants moraux de son savoir acquis au terme d’une vie passée au sein des grands espaces sauvages. Fin limier (il sait lire les traces), il est aussi un tireur hors pair (son habileté subjugue les soldats). Particulièrement soucieux d’entretenir la communication fraternelle entre la nature et les êtres (condition sine qua non à la survie de l’espèce), on le voit réparer une hutte avec des morceaux d’écorce et demander ensuite au capitaine d’y déposer du riz, du sel et des allumettes afin qu’un éventuel chasseur égaré puisse en faire un gîte salvateur. Profondément altruiste, y compris envers des êtres qu’il ne connaît pas, il s’insurge contre le gâchis et la cruauté des hommes qui menacent de rompre la grande unité cosmique selon sa conception animiste du monde. Il a, par conséquent, le réflexe de récupérer un morceau de viande qu’un soldat jette au feu pour le laisser aux animaux de passage (blaireau, ragondin, glouton...) et laisse parler sa fureur quand il découvre les pièges abandonnés par des braconniers dans lesquels des bêtes meurent inutilement. Détenteur d’un précieux savoir-faire, il sait se préserver astucieusement des colères imprévisibles de la nature : les joncs qu’il coupe en toute hâte pour en faire une yourte de fortune (à l’aide du trépied de l’appareil topographique) lors de la tempête en pleine taïga avec le capitaine Arseniev les sauvent d’une mort certaine.