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Docteur Folamour

Le film

Photo - Film "Docteur Folamour"© Kirch Media

Fiche technique

Un film américain de Stanley Kubrick (Dr Strangelove or How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb, 1964, noir et blanc, VM), scénario de Stanley Kubrick, Terry Southern et Peter George. Avec Peter Sellers (le capitaine Mandrake, le président Muffley, docteur Folamour), George C. Scott (le général Turgidson), Sterling Hayden (le général Ripper), Keenan Wynn (le colonel Guano).
1 h 33 min

Présentation

Pris de folie, un général américain lance une offensive nucléaire sur l’URSS. Ce chef-d’œuvre d’humour noir signé Stanley Kubrick, servi par les multiples apparitions de Peter Sellers, demeure la meilleure « comédie cauchemardesque » réalisée sur la guerre froide.

Synopsis

Paranoïaque et dépressif, le général Ripper envoie ses B-52 nucléaires bombarder l’Union soviétique. Tandis que le capitaine britannique Mandrake tente de lui faire avouer le code secret qui permettrait le retour des avions, le président américain Muffley préside une réunion de crise au Pentagone pour stopper l’offensive militaire. S’engage une discussion entre le général Turgidson, un fou de guerre anticommuniste, et l’ambassadeur soviétique qui annonce qu’un système de destruction planétaire irréversible sera déclenché si une seule bombe américaine touche le sol russe. Mandrake parvient à trouver le code secret de Ripper qui s’est suicidé. Hélas, un des avions ne reçoit pas le message et poursuit inéluctablement sa route vers l’Union soviétique. Un étrange « conseiller scientifique » au fort accent germanique, le docteur Folamour, préconise alors de sélectionner et d’enfermer un groupe d’individus dans un abri souterrain pendant le siècle que durera la contamination nucléaire afin de sauver l’humanité ! Un inquiétant discours aussitôt suivi des premières explosions nucléaires...

L’expressionnisme

Kubrick prête à l’horreur du possible l’esthétique cinématographique des années 1920, représentation par excellence de la dualité, du conflit et du violent contraste. Le noir et blanc constitue un choix particulièrement expressif pour prolonger l’idéologie du conflit en question et renforce ici l’idée de lutte confuse entre le bien et le mal, qui ne sont d’ailleurs pas toujours là où on les attend chez Kubrick, souvent imbriqués, plus complémentaires que véritablement opposés. Le traitement du sujet par l’image plus ou moins éclairée, qui redéfinit l’espace en redessinant son architecture, est surtout visible dans les scènes du Pentagone. Le grand anneau qui surplombe les hommes en train de débattre divise l’écran en deux (les hommes en bas, la carte du conflit en haut, le tout entouré de grandes zones d’ombre). Cette mise en scène permet d’accentuer un peu plus la paranoïa contenue dans le dispositif politique et militaire.