Le film
Fiche technique
Un film américain de David Lynch (The Elephant Man, 1980), scénario de Christopher De Vore, Eric Bergren et David Lynch, avec Anthony Hopkins (Frederick Treves), John Hurt (John Merrick), Ann Bancroft (Madge Kendal), John Gielgud (Carr Gomm), Freddie Jones (Bytes).
2 h 05 min
Présentation
En privilégiant l’épure de la mise en scène, David Lynch a évité de faire d’Elephant Man un film d’épouvante. Au contraire, en s’appuyant sur nombre de faits réels tirés de la vie de John Merrick, il a fait le choix de montrer l’humanité d’un homme qui n’en avait pas l’apparence, mais aussi de suivre le destin de son protecteur qui le fera naitre à la pensée.
Synopsis
Londres, 1884. Le chirurgien Frederick Treves découvre dans un cirque un homme affligé de difformités, « l’homme-éléphant », alias John Merrick, qu’il présente à un groupe de scientifiques. Ne pouvant être admis au London Hospital, John doit être rendu à Bytes, un homme cruel qui se dit son « propriétaire ». Prévenu des mauvais traitements que ce dernier lui inflige, Treves décide d’accueillir John clandestinement à l’hôpital. Mais le directeur s’y oppose, jusqu’à ce qu’il réalise que la créature est douée de pensée. Commence alors une nouvelle vie pour John qui reçoit visites et présents dans sa petite chambre. Une nuit, le gardien des lieux organise une « visite » au cours de laquelle Bytes récupère son « gagne-pain ». Réduit en esclavage dans un cirque, John parvient à s’enfuir grâce à l’aide de ses compagnons d’infortune et regagne Londres. Après une représentation théâtrale où il est ovationné, John s’allonge dans son lit et meurt étouffé par le poids de sa tête.
Contexte de la création
Auteur d’Eraserhead, une première œuvre underground devenue culte, David Lynch peine à financer son nouveau projet. Il est alors mis en contact avec les scénaristes d’une histoire inspirée de la vie réelle de John Merrick (que la rock star David Bowie incarne au même moment sur une scène londonienne). Le comique Mel Brooks décide de produire le film pour 6 millions de dollars et le tournage a lieu dans des studios à Londres.
Cependant, le cinéaste américain peine à s’adapter au système cinématographique anglais. « Je devais travailler avec de très grands acteurs sur une histoire victorienne, réelle, dans un pays inconnu. J’ai d’abord cru que je n’y arriverais pas. Puis, un jour, en visitant un hôpital abandonné, il y a eu un déclic : tout y était, l’atmosphère, les salles, les longs corridors. » (Michel Chion, David Lynch, Cahiers du cinéma, 2001.)
Bien que sa genèse ait été largement moins maitrisée que celle d’Eraserhead, Elephant Man est une œuvre lynchienne. On y retrouve le gout du réalisateur pour les univers angoissants, le son, le tératologique.


