Aller directement au contenu de la page
Aller au plan du site
Aller au menu bas de page

Mag filmMag film

Faust

Le film

Photo - Film "Faust"© Friedrich-Wilhelm-Murnau-Stiftung,
Distributeur : Transit Film GmbH

Fiche technique

Un film allemand de Friedrich Wilhem Murnau (titre original : Faust, eine deutsche Volkssage, Faust, une légende allemande), avec Gösta Ekman (Faust), Emil Jannings (Méphisto) et Camilla Horn (Gretchen/Marguerite), d’après le Faust de Goethe (1808 et 1832).
Le film sort en salle en 1926.

Présentation

Variation poétique en noir et blanc sur le mythe de Faust, Faust de Murnau « illumine » la pièce de Goethe avec ses plans-tableaux et ses clairs obscurs.

Synopsis

Dans un village décimé par la peste, le vieux professeur Faust se désespère de ne trouver de remède. Il convoque le diable, à l’aide d’un grimoire. Méphisto lui propose un pacte de 24 heures pour sauver les malades. Mais le subterfuge échoue, Faust veut se suicider. Le diable revient avec un enjeu plus fort : la jeunesse éternelle en échange de son âme. Redevenu gentilhomme, Faust parcourt le monde et tombe amoureux de Gretchen, une jeune femme vertueuse, puis l’abandonne pour une duchesse. Valentin, le frère de Gretchen, veut défier Faust, mais Méphisto le tue lors d’un duel. Rejetée par sa famille, Gretchen erre dans la neige, punie d’avoir eu des relations sexuelles avec Faust. Accusée d’infanticide, elle est condamnée par la population à brûler sur un bûcher. Elle appelle Faust à l’aide, qui se lamente de l’inutilité de la jeunesse devant tant de souffrances. Redevenu vieux, Faust se jette sur le bûcher, aux côtés de Gretchen. Au final, l’amour brise le pacte avec le diable. 

Contexte de la création

Murnau (1888-1931) étudie l’histoire de l’art et la philosophie à Berlin avant d’intégrer la troupe de théâtre de Max Reinhardt et de se lancer dans le cinéma après la Première Guerre mondiale. Une de ses œuvres les plus célèbres, Nosferatu, une symphonie de l’horreur (Nosferatu, eine Symphonie des Grauens, 1922), tournée en décors naturels, s’inscrit dans la mouvance de l’expressionnisme allemand et du cinéma scandinave, tout en s’en démarquant. En 1926, un an avant l’arrivée officielle du parlant, Murnau est l’une des principales figures du cinéma allemand (avec Fritz Lang et Georg Wilhelm Pabst). Faust est son dernier film tourné en Allemagne. Murnau émigre aux États-Unis un an plus tard, invité par les Studios de la Fox, pour tourner L’Aurore. La conception du film, véritable gageure pour l’époque, met à l’épreuve l’opiniâtreté du réalisateur. De nombreuses infrastructures sont nécessaires pour les effets spéciaux. Emil Jannings (Méphisto) est par exemple suspendu trois heures au-dessus d’un village miniature, pour créer l’ombre géante du diable. Pour confectionner ce clair-obscur si particulier, Carl Hoffmann projette des ombres sur un écran et ajoute une épaisse fumée pour l’atmosphère : des pellicules sont brûlées à l’entrée du studio et des techniciens dirigent la fumée vers le décor. Pour filmer les maquettes de paysages, le décorateur Robert Herlth confectionne une rampe comparable aux montagnes russes des parcs d’attraction.