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Le Locataire

Le film

Photo - Film "Le Locataire"© Kineos/Bernd Prim

Fiche technique

Un film français de Roman Polanski (1976)
Avec Roman Polanski (Trelkovsky), Isabelle Adjani (Stella), Melvyn Douglas (Monsieur Zy), Shelley Winters (la concierge).
2 h 05 min

Présentation

Avec Le Locataire, Roman Polanski nous livre une variation quasi-fantastique de la phrase de Huis clos de Jean-Paul Sartre, « L’enfer, c’est les autres », à travers le destin tragique d’un timide jeune homme d’origine polonaise aux prises avec son voisinage dans un immeuble hostile où une jeune femme s’est suicidée. Au-delà, il pose la question de l’identité et du racisme ordinaire.

Synopsis

Trelkovsky, la trentaine, employé de bureau d’origine polonaise, emménage dans un vieil appartement dont la précédente locataire, Simone Choule, s’est suicidée par défenestration. Très vite, la cohabitation avec les habitants de l’immeuble se révèle pénible. Les remarques tournent au harcèlement quand il s’aperçoit qu’on l’observe depuis les toilettes situées en face de chez lui. Le harcèlement devient ostracisme quand il découvre le cambriolage de son appartement et les plaintes dont il fait l’objet auprès de la police. Se sentant victime d’un complot – son voisinage voudrait lui faire subir le même sort que Simone Choule –, Trelkovsky tente de se confier à Stella, une amie de Simone qu’il a rencontrée lors de l’hospitalisation de l’infortunée jeune fille et avec qui il a depuis une vague relation amoureuse. Mais il est trop tard. Le locataire sombre dans un délire paranoïaque qui le conduit à se jeter à deux reprises par sa fenêtre.

Contexte de la création

Un film personnel et troublant

Après Chinatown (1974), Roman Polanski décide d’adapter une nouvelle de Roland Topor, Le Locataire chimérique (1963). Comme l’écrivain, le cinéaste est d’origine polonaise (Topor est né en France, Polanski naturalisé français, à l’image du héros qu’il interprète). Comme lui, il a souvent éprouvé le racisme ordinaire. « Lui [Trelkovsky] aussi est un Polonais français, et dans ce Paris du film – presque un pays à part – j’ai vécu longtemps avant d’être un cinéaste connu. Je sais ce qui se passe quand on vous rappelle dix fois par jour que vous n’êtes pas Français ; je sais ce qu’il en coute d’être considéré comme un citoyen de deuxième catégorie. » Et le critique de cinéma Henry Chapier d’ajouter : « Il y a toute une réflexion de Polanski sur l’enfer quotidien que représente souvent la cohabitation des gens dans des maisons vieillottes et inconfortables où règne le climat petit bourgeois haineux qui reflète cet air de Paris qui frappe tellement les étrangers qui s’y risquent. » Malgré ces propos, Le Locataire n’est pas un film sociologique. Ni une comédie, registre sur lequel il débute, ni vraiment une tragédie à laquelle il vire à mi-chemin. Mélange inattendu des genres ?