Le film
Fiche technique
Un film iranien d’Abbas Kiarostami (Bad ma ra khahad bord, 1999).
Scénario : Abbas Kiarostami, d’après une idée de Mahmoud Ayedin. Image : Mahmoud Kalari. Musique : Peyman Yazdanian. Son : Jahangir Mirshekari et Mohamad Hassan Najm. Avec : Behzad Dourani (l’ingénieur), Noghre Asadi, Roushan Karam Elmi et les habitants du village de Sia Dareh.
Synopsis
Partis de Téhéran, Behzad et ses assistants se rendent dans un village reculé du Kurdistan iranien sans annoncer le motif réel de leur voyage, prétendant ironiquement être en quête d’un trésor. Au gré des déambulations de Behzad dans le village, on comprend qu’il dirige une équipe de télévision venue filmer un rituel funéraire de la région. Behzad et son équipe attendent la mort censément imminente d’une vieille femme du village pour faire leur document, mais ce décès ne vient pas, et l’équipe s’impatiente. Dans l’attente de la mort, Behzad sauvera finalement une vie, celle du fossoyeur du village victime d’un éboulement, et repartira sans son reportage.
Contexte de la création
La préparation du film a été très longue : Kiarostami a en effet passé deux ans à parcourir la campagne iranienne, caméra vidéo en main, pour trouver le village du film. Dans son souci de coller au plus près de la réalité, le cinéaste a modifié le scénario pour l’adapter à la réalité qu’il percevait et demandé, non sans difficulté, aux villageois d’interpréter leur propre rôle, faisant simplement ici où là appel à des personnes étrangères au village (l’instituteur est réellement un instituteur mais vient d’ailleurs, la femme de la maison de thé vient d’une ville voisine). Behzad Douran, qui interprète le rôle principal, a été rencontré par hasard par Kiarostami, sur un trottoir de Téhéran. Aimant l’idée que l’histoire puisse arriver à n’importe qui et n’importe où, Kiarostami a choisi Douran pour la « neutralité » de son visage, où se lit aussi bien « un air doux et sympathique » que la possibilité que l’homme soit un assassin. Le tournage et la postproduction ont été éprouvants : les villageois refusaient souvent de jouer, car ils ne voulaient pas quitter leur travail, et Kiarostami s’est brouillé avec des techniciens. Le chef opérateur refusait ainsi de se lever avant midi, négligeant les choix de lumière du réalisateur. Lors du montage et du mixage, qui ont duré plus de neuf mois, Kiarostami s’est ensuite brouillé avec l’ingénieur du son, et a fini par achever lui-même le travail sur la bande-son. Sorti en 1999, le film a obtenu le prix Fipresci de la critique internationale, et le Grand Prix du jury au Festival de Venise.


