Le film
Fiche technique
Un film franco-italien de Luigi Comencini (1972), d’après Carlo Collodi, avec Andrea Balestri (Pinocchio), Nino Manfredi (Gepetto), Gina Lollobrigida (la fée), Vittorio De Sica (le juge).
2 h 06 min
Présentation
En adaptant la fable de Carlo Collodi, Luigi Comencini en fait une admirable féerie réaliste dans laquelle l’insolente marionnette proclame un idéal de liberté face à tous ceux qui le contraignent à rentrer dans la norme.
Synopsis
Un vieux menuisier, Gepetto, confectionne dans une bûche une marionnette à l’image du petit garçon qu’il aurait aimé avoir. Durant son sommeil, une fée donne vie au pantin que le vieil homme appelle Pinocchio. Celui-ci ne se conforme pas toujours aux attentes de Gepetto et, insolent et capricieux, cède aux tentations. Il vend son livre de classe pour s’offrir le billet d’entrée au cirque, se fait voler des pièces d’or par deux filous et, ayant appris que son père le recherche, le voit sombrer avec sa barque dans la mer. Recueilli par une fée qui lui inculque les bonnes manières, il rencontre un garnement, Lucignolo, qui l’entraîne à fuir à nouveau vers le pays de Cocagne où règne la distraction et où le travail est interdit. Là, ils sont victimes d’odieux trafiquants qui les transforment en ânes. Jeté à la mer, Pinocchio redevient pantin et, avalé par une baleine, il retrouve Gepetto. Il s’évadent tous deux du ventre du monstre pour regagner la terre ferme à dos de thon.
Contexte de la création
Les Aventures de Pinocchio a été tourné pour les télévisions italienne et française en un feuilleton composé de six épisodes de 55 minutes. Devant son succès, une version d’une durée à peine supérieure à 2 heures en a été tirée pour être exploitée dans les salles de cinéma : il s’agit de celle qui est proposée ici. Le travail sur l’adaptation du roman de Carlo Collodi, aussi célèbre en Italie que peuvent l’être les contes de Perrault en France, devait, dans l’esprit de Luigi Comencini, réalisateur de plusieurs films avec des enfants (L’Incompris, 1967 ; Eugenio, 1979 ; Un enfant de Calabre, 1987), prolonger dans le domaine de la fiction une réflexion sur le rôle de l’éducation qu’il avait déjà entamée avec un documentaire. Au fil de la préparation du film, Comencini et sa scénariste Suso Cecchi d’Amico se sont aperçus que le projet initial de faire de Pinocchio une marionnette articulée se heurtait à des obstacles techniques (les effets spéciaux n’étaient pas alors ceux d’aujourd’hui). S’est donc imposée l’idée de faire un va-et-vient entre la marionnette et l’enfant, ce dernier devant être « jacassant et impertinent, agile et infatigable, maigre et toujours affamé, rapide à s’endormir et vif à son réveil ».


