Le film
Fiches techniques
Quatre films français d’Éric Rohmer
- Conte de printemps (1990, 1 h 43), avec Anne Teyssèdre (Jeanne), Florence Darel (Natacha), Hugues Quester (Igor), Éloïse Bennett (Ève).
- Conte d’été (1996, 1 h 53), avec Melvil Poupaud (Gaspard), Amanda Langlet (Margot), Aurélia Nolin (Léna), Gwenaëlle Simon (Solène).
- Conte d’automne (1998, 1 h 50), avec Marie Rivière (Isabelle), Béatrice Romand (Magali), Alain Libolt (Gérald), Didier Sandre (Étienne).
- Conte d’hiver (1992, 1 h 54), avec Charlotte Véry (Félicie), Michel Voletti (Maxence), Hervé Furic (Loïc).
Présentation
Après la série des six « Contes moraux », variations sur un même thème et récits à la première personne, puis la série des « Comédies et Proverbes », sans point de vue privilégié, ce sont les quatre saisons qui ont inspiré Éric Rohmer. Ces nouveaux contes moraux et philosophiques seront l’occasion de mener un travail disciplinaire ou interdisciplinaire sur le classicisme et la modernité, et sur la place de la réflexion philosophique dans le cinéma de fiction.
Éric Rohmer est un cinéaste classique par ses références constantes à Marivaux, dans de récurrents jeux de l’amour et du hasard, ou à Musset, dans les capricieux comportements de ses héros. Mais c’est peut-être surtout en référence à Balzac, son auteur de chevet, qu’il construit cette sorte de comédie humaine où des types de personnages, incarnés par des acteurs fétiches, reviennent dans des scènes de la vie parisienne ou de la vie provinciale. Classique, Rohmer l’est enfin par la qualité de ses dialogues en langage soutenu. Mais il demeure fondamentalement un cinéaste moderne, peut-être le plus moderne de la Nouvelle Vague.
Éric Rohmer s’y révèle également une sorte de moraliste, assez janséniste sous une apparence de frivolité, de légèreté, de grâce lumineuse même : il s’agit, dans ses films, de choisir entre raison et sentiments. Cela explique la portée philosophique ou même ethnologique de son œuvre : faire distinguer « transcendant » et « transcendantal » chez Kant en coupant le rôti dans une cuisine curieusement encombrée de piliers (dans Conte de printemps) ne relève ni du vaudeville ni de la provocation, mais d’une alchimie dont seul Rohmer peut connaître les secrets d’efficacité.


