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Les sentiers de la gloire

Le film

Photo - Film "Les sentiers de la gloire"© ARD/Degeto

Fiche technique

Un film américain de Stanley Kubrick (Paths of Glory, 1957, noir et blanc), scénario : Stanley Kubrick, Carter Willingham et Jim Thompson, d’après le roman de Humphrey Cobb.
Avec Kirk Douglas (le colonel Dax), Adolphe Menjou (le général Broulard), Ralph Meeker (Paris), George Macready (le général Mireau), Timothy Carey (Férol), Joseph Turkel (Arnaud)
1 h 26 min

Synopsis

Lors de la guerre de 1914-1918, tandis que le conflit s’est enlisé depuis longtemps dans la guerre de tranchées, l’état-major français décide une offensive quasiment impossible sur la « colline aux fourmis ». Repoussé par le feu ennemi, le 701e régiment, commandé par le colonel Dax, doit se replier. Le général Mireau, chef de l’offensive, demande alors de traduire en conseil de guerre le régiment pour « lâcheté ». Malgré l’opposition de Dax, trois hommes tirés au sort seront condamnés à mort et exécutés. Dax avait entre-temps soumis au général Broulard, chef de l’état-major, les preuves que le général Mireau avait fait tirer sur sa propre armée pendant l’attaque. Broulard révoque celui-ci et propose son poste à Dax en croyant que celui-ci avait agi par simple ambition. Dax refuse.

Contexte de la création

Les Sentiers de la gloire est un best-seller de Humphrey Cobb datant de 1935. Après L’Ultime razzia, son troisième film, Kubrick voulut l’adapter. L’adhésion des producteurs fut emportée par le désir de Kirk Douglas de jouer le colonel Dax. Le film centre l’action sur les rapports entre Dax et les officiers, il laisse bien davantage en retrait les soldats eux-mêmes, sauf l’épisode de la reconnaissance dans le no man’s land et le cas du caporal Paris, pour des raisons qui seront examinées plus loin. Bien apprécié aux États-Unis – peut-être aussi parce que sa critique de l’armée, qui serait universellement valable, prenait pour cible explicite l’armée française – le film reçoit plusieurs récompenses. Mais il est chahuté en Belgique, soumis à une forte pression française, interdit en Suisse ; en France, il sera boycotté et ne sera pas même soumis à la commission de censure. Les cinéphiles iront le voir parfois en groupe en Belgique. Le film sortira en France dix-huit ans plus tard.

Le film s’inspire de faits réels. Près de 2 000 soldats ont été réellement fusillés « pour l’exemple » par l’armée française au motif de « lâcheté devant l’ennemi ». Le général Revilhac a effectivement voulu faire tirer sur son propre régiment bloqué dans les tranchées lors d’un assaut impossible, puis il a fait exécuter quatre soldats en mars 1915, qui seront réhabilités en 1934. Même l’épisode du soldat sur une civière qu’on ranime pour le fusiller a bien eu lieu.

Le film de guerre n’est pas isolé dans l’œuvre de Kubrick. Fear and Desire (1953), son premier opus, était déjà un film de guerre. De Barry Lyndon (1975) à Full Metal Jacket (1987), en passant par Docteur Folamour (1964) et, dans une certaine mesure, Spartacus (1960), ses films sont nombreux à mettre en scène des militaires. Quant à la violence, en général, elle traverse toute son œuvre, Kubrick déployant une interrogation constante sur la mise en scène de cette violence (pensons à Orange mécanique – 1971 – comme à Eyes Wide Shut – 1998).