Le film
Fiche technique
Un film de Steven Spielberg (2002), scénario de Scott Frank et Jon Cohen, d’après une nouvelle de Philip K. Dick, avec Tom Cruise (John Anderton), Colin Farrell (Danny Witwer), Samantha Morton (Agatha), Max von Sydow (Lamar Burgess), Kathryn Morris (Lara Clarke).
Durée : 2 h 20 min
Présentation
En mêlant les principes du thriller et de la science-fiction, Steven Spielberg pointe dans ce film les zones d’ombre d’une société qui ressemble étrangement à ce que pourrait devenir la nôtre. Une utopie aussi angoissante que passionnante, d’après un roman de Philip K. Dick.
Ce film, aussi somptueux dans sa mise en scène que labyrinthique dans son intrigue, appelle de nombreuses interprétations. À partir du postulat de créatures aptes à voir le futur, il déroule des conséquences troublantes quant à la responsabilité, à la liberté et au choix, enfin au sens même de la punition... La représentation de l’avenir à travers les images données par les précogs formerait le centre d’une problématique qui suivrait alors les deux thèmes de la vision en général, déclinée sous de multiples perspectives durant le film, et du contrôle social dans un univers informatisé.
Synopsis
Washington, 2054. Grâce au savoir des « précogs » (précognitifs, humains mutants doués d’une vue du futur, immergés dans un bassin), une police spéciale appelée « Précrime » arrête des criminels avant qu’ils ne commettent leur meurtre. Le chef de cette police, John Anderton, se retrouve lui-même accusé par anticipation de meurtre. Cherchant à comprendre ce qui va lui arriver et traqué par les siens – repris en main par l’agent d’un ministère rival –, il va se mettre en situation de commettre ce meurtre et, grâce à l’aide d’une des Précogs, démonter une machination qui fut à l’origine même de ce Précrime pour lequel il travaille.
Philip K. Dick
Le film Minority Report est adapté d’une nouvelle de Philip K. Dick, l’un des plus grands écrivains de science-fiction. Né à Chicago en 1928, son œuvre, entamée au début des années 1950, comporte quelques chefs-d’œuvre du roman de SF (Le Maître du Haut-Château, 1962 ; Ubik, 1969 ; Deus Irae, coécrit avec Roger Zelazny, 1976) et de nombreuses nouvelles qui, influencées par la santé psychologique fragile de leur auteur et une propension à la paranoïa suscitée par l’usage de drogues, ont pour thèmes la modification et la manipulation de la réalité et l’obsession sécuritaire. Après sa mort en 1982, plusieurs de ses récits ont fait l’objet d’adaptations au cinéma où des univers futuristes sombres servent de décors à des intrigues étranges pleines de faux-semblants et déroulées selon des principes narratifs postmodernes : Blade Runner (Ridley Scott, 1983), d’après Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? ; Total Recall (Paul Verhoeven, 1990), d’après Souvenirs à vendre ; Paycheck (John Woo, 2003), d’après La Clause du salaire ; A Scanner Darkly (Richard Linklater, 2006), d’après Substance mort.


