Aller directement au contenu de la page
Aller au plan du site
Aller au menu bas de page

Mag filmMag film

Mon oncle

Le film

Photo - Film "Mon oncle"© Les Films de Mon Oncle

Fiche technique

Un film français de Jacques Tati (1958), scénario de Jacques Tati, Jacques Lagrange et Pierre L’Hôte, avec Jacques Tati (M. Hulot), Jean-Pierre Zola (M. Charles Arpel), Adrienne Servantie (Mme Arpel), Alain Bécourt (Gérard)… 1 h 50 min. Couleurs.

Présentation

En 1958, Jacques Tati quitte les décors naturels de ses précédents films pour tourner Mon oncle en studio. Résolument moderne, le comique de son nouvel opus ne naît pas seulement du rapport conflictuel entre les personnages et le décor qui les entoure mais aussi de l’art du cinéaste de conjuguer cet univers délibérément artificiel avec l’artificialité de plus en plus flagrante de la société moderne.

Synopsis

Monsieur Hulot, doux rêveur qui prend le temps de vivre, habite un modeste deux-pièces dans un vieux quartier populaire de Saint-Maur, tandis que sa sœur, Mme Arpel, mariée au riche industriel Charles Arpel, vit dans une villa ultra-moderne d’un quartier résidentiel. M. Hulot passe sans cesse d’un monde à l’autre et entretient une relation complice avec son neveu, Gérard, qui adore le suivre dans le vieux quartier. Pour tenter de mieux l’intégrer dans le monde, M. Arpel offre bientôt un emploi à Hulot dans son usine de matières plastiques, et son épouse tente de le marier à une voisine très snob. Inadapté aux codes de la société moderne, Hulot s’avère si maladroit qu’il fait échouer ces deux tentatives d’intégration.

Contexte de la création

Il l’a souvent répété, Jacques Tati trouvait son inspiration assis à la terrasse des cafés (qu’il fréquentait assidûment) ou en se promenant dans les villes. Au milieu des années cinquante, fidèle à sa méthode, il part tôt le matin dans les rues, à l’heure de l’ouverture des bureaux, et consigne dans un carnet toutes ses observations et impressions. À plusieurs reprises, il remarque une bande de chiens qui, sous le commandement d’un « roquet voyou », disparaît dans un soupirail pour ressortir dix minutes plus tard par la porte d’une banque…
Au cours de ses balades, Tati découvre surtout, non sans inquiétude, combien la ville populaire qu’il aime est menacée. Les vieux immeubles disparaissent, les trottoirs rétrécissent au profit de la chaussée ; l’ère du tout automobile débute, les « embouteillages monstres » apparaissent… Pour son nouveau film, Tati décide de radicaliser l’antagonisme entre modernisme et convivialité, douceur de vivre et convenances déjà à l’œuvre dans Jour de fête (1949) et Les Vacances de Monsieur Hulot (1953). Mon oncle sera de fait partagé entre deux mondes : celui, froid, de la rentabilité, de l’ordre et de l’efficacité, et celui, chaleureux, de l’insouciance, du naturel et de la poésie ludique.
À l’appui des informations qu’il a prises au fil de ses pérégrinations urbaines (mais aussi de celles de Pierre L’Hôte et de son assistant Pierre Étaix, qu’il envoie parcourir les rues parisiennes), Tati commence à rédiger le scénario de Mon oncle. Le travail est long car le cinéaste (parfois surnommé « Tatillon ») travaille, peaufine, transforme, amende sans fin les scènes et gags du récit en gestation. « Cette façon d’approfondir les choses, se souvient Pierre Étaix, c’était sa force. Rien n’était jamais fini. C’était un homme pour qui le temps ne comptait pas. Il n’avait qu’un souci, c’était de bien faire ce qu’il avait à faire. C’était un travailleur fabuleux. »
Après avoir créé sa propre société de production, « Spectra-Films », et s’être associé sans difficulté avec des partenaires français et italiens (attirés par le succès financier de ses précédents opus), Tati entame le tournage de Mon oncle en septembre 1956, lequel durera six mois et se déroulera sur les places du marché de Saint-Maur, sur le terrain vague de Nanterre, dans les grands ensembles de Créteil et dans les studios de la Victorine à Nice.
Immense succès populaire, Mon oncle obtiendra le prix spécial du Jury du festival de Cannes (1958) et l’Oscar du meilleur film étranger (1959).