Le film
Fiche technique
Un film franco-italien de Luchino Visconti (1971).
Scénario : Luchino Visconti et Nicola Badalucco, d’après le roman de Thomas Mann.
Photographie : Pasquale De Santis.
Décor : Fernando Scarfiotti. Musique : Gustav Mahler. Avec : Dirk Bogarde (Gustav von Aschenbach), Silvana Mangano (la mère de Tadzio), Björn Andressen (Tadzio), Marisa Berenson (Frau von Aschenbach), Romolo Valli (le directeur de l’hôtel), Nora Ricci (la gouvernante).
2 h 12 min
Synopsis
Juste avant la Première Guerre mondiale, un musicien allemand, Gustav von Aschenbach, se rend à Venise. En villégiature à l’hôtel des Bains, il y croise un jeune adolescent polonais, Tadzio, dont la beauté le fascine immédiatement. Leur relation demeure distante, uniquement réglée par le jeu des regards échangés. Mais la beauté de Tadzio trouble le musicien, qui voit peu à peu ses certitudes morales et esthétiques, et son existence tout entière, remises en question par le désir qu’il ressent. Il tente de fuir ce désir en quittant Venise, mais un événement fortuit lui sert de prétexte pour revenir à son hôtel. Il demeure à Venise, malgré l’épidémie de choléra qui y sévit. Il s’abandonne à la contemplation du jeune homme, tente de nier sa vieillesse et d’oublier la fièvre. Il meurt sur la plage presque désertée de l’hôtel, le regard tourné vers Tadzio.
Contexte de la création
L’adaptation
Le scénario est tiré d’un court roman de Thomas Mann, La Mort à Venise, paru en 1913. Visconti avait envisagé à plusieurs reprises son adaptation, mais en repoussait le projet en estimant qu’il exigeait une certaine maturité. Le scénario a été écrit par Visconti lui-même, en collaboration avec Nicola Badalucco, et avec l’encouragement et l’aide de la famille de Thomas Mann. Il concentre le roman autour de la relation entre Aschenbach et Tadzio (en éliminant notamment les chapitres antérieurs à Venise), et modifie la profession du héros qui, d’écrivain dans le roman, devient musicien dans le film. Visconti, pour son protagoniste, s’inspire de Mahler, reprenant ainsi plus directement encore le modèle qui était déjà celui de Thomas Mann. L’adaptation s’inspire également d’un autre ouvrage de Thomas Mann, Le Docteur Faustus (les conversations sur la beauté, la séquence du bordel), ainsi que de Proust (le directeur de l’hôtel des bains évoque celui du grand hôtel de Balbec dans À la recherche du temps perdu).
La production
Les premiers producteurs auxquels Visconti fit appel furent décontenancés par le projet, qu’ils jugeaient trop risqué. L’un d’eux suggéra même que l’on transformât le jeune garçon en nymphette, comptant ainsi récupérer le succès de Lolita de Nabokov ! C’est finalement grâce au soutien du directeur de la Warner Brothers que le film put se faire. Il obtint le Prix du 25e anniversaire du Festival international du film à Cannes en 1971.


