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Partie de campagne

Le film

Photo - Film "Partie de campagne"Partie de campagne de Jean Renoir
© Les Films du Panthéon

Fiche technique

Un film français de Jean Renoir (réalisé en 1936, sorti en 1946, noir et blanc),
Scénario : Jean Renoir, d’après une nouvelle de Guy de Maupassant
Photographie : Claude Renoir
Image : Claude Renoir
Musique : Joseph Kosma
Production : Pierre Braunberger
Avec : Sylvia Bataille (Henriette Dufour), Georges d’Arnoux (Henri), Jane Marken (Mme Juliette Dufour), André Gabriello (M. Cyprien Dufour), Jacques-Bernard Brunius (Rodolphe), Paul Temps (Anatole), Gabrielle Fontan (la grand-mère), Jean Renoir (Père Poulain), Marguerite Houllé Renoir (la servante), Pierre Lestringuez (un vieux curé), Georges Bataille (un séminariste) non crédité, Jacques Becker (un séminariste) non crédité, Henri Cartier-Bresson (un séminariste) non crédité.
Durée : 39 min

Présentation

Adapté d’une nouvelle de Maupassant parue en 1881, Partie de campagne est, à la différence des précédents films de Jean Renoir (Boudu sauvé des eaux, Le Crime de Monsieur Lange, La Vie est à nous…) un film court « aussi soigné qu’un long métrage ». Dans ce film, Renoir fils recrée avec les moyens du cinéma en noir et blanc l’univers de son père, le peintre Pierre-Auguste Renoir.

Synopsis

Par un beau dimanche de l’été 1860, M. Dufour, quincaillier à Paris, a décidé de passer la journée à la campagne avec sa belle-mère, sa femme, sa fille Henriette et son commis Anatole qui est aussi son futur gendre et successeur. À l’heure du déjeuner, tout ce petit monde fait halte dans une auberge au bord de l’eau ; deux canotiers entreprenants, Henri et Rodolphe, proposent aux dames une promenade en barque sur le Loing. Des années plus tard, Henriette, mariée à Anatole, revient sur les bords du Loing…

Contexte de la création

Les congés payés
En 1936, date de réalisation du film, la première semaine de congés payés est accordée par le gouvernement du Front populaire, donnant aux travailleurs la possibilité de partir pour la première fois en vacances, et de fuir ponctuellement la norme quotidienne du travail. Le cinéaste communiste n’est pas resté insensible à cette euphorie générale : les Dufour sont le reflet de cette France qui découvre les congés payés et les sorties à la campagne.

Un désir artistique et un désir d’actrice
Partie de campagne est né d’un double désir : un désir artistique, puisque Jean Renoir veut se confronter à l’imaginaire pictural de son père, Auguste Renoir, avec les moyens propres au cinéma en noir et blanc ; un désir d’acteur qui lui est soufflé par son producteur Pierre Braunberger. En voyant Sylvia Bataille, l’épouse de l’écrivain Georges Bataille, sur un tournage en 1933, ce dernier est tombé amoureux d’elle.

Un tournage en famille
Le « Patron » (tel est le surnom affectueux de Renoir dans la profession) aime travailler en groupe, en tribu et en famille : cette fois, il demande à son neveu, Claude Renoir, d’être le chef opérateur et fait jouer son fils unique Alain dans le rôle du petit pêcheur tout en lui donnant la charge du clap sur le tournage. Lui-même jouera le Père Poulain (l’aubergiste), de manière à mieux diriger ses acteurs et à leur donner directement la réplique. Il confie un petit rôle de serveuse à Marguerite Renoir, monteuse et compagne du réalisateur durant les années 1930, et il invite ses amis Jacques Becker, Henri Cartier-Bresson, Georges Bataille à faire une apparition à l’écran en séminaristes.

Un tournage difficile
Le film rencontre à peu près tous les obstacles avant, pendant et après sa réalisation : un budget réduit, une ambiance qui se dégrade peu à peu au sein de l’équipe, une météorologie catastrophique (il pleut) qui nécessitera l’interruption du film. Renoir, qui ne croit plus du tout à ce treizième métrage, abandonne même le tournage pour réaliser Les Bas-Fonds avec Jean Gabin. En 1939, lorsque la guerre éclate, il fuit en Italie puis aux États-Unis, laissant le producteur Pierre Braunberger avec les bobines de films non montées et incomplètes. Après l’Armistice, les bobines sont confiées à Marguerite Houllé Renoir et Marinette Cadicqx qui montent le film en se conformant aux décisions de Renoir prises dix ans auparavant (deux cartons explicatifs pallieront l’absence de deux séquences clés). Le 18 décembre 1946, le film sort enfin à Paris au cinéma Le César...