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Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures

Le film

Photo - Film "Sobibor"© Why not productions

Fiche technique

Un film de Claude Lanzmann (2001), avec Yehuda Lerner.
1 h 38 min

Présentation

Après Shoah (1985), Claude Lanzmann avait conservé l’enregistrement du témoignage de Yehuda Lerner, participant de la révolte qui, en 1943, mit fin aux activités du camp d’extermination de Sobibor. Son film est construit autour de cette parole qui raconte l’itinéraire d’un garçon juif de 16 ans, forcé de se battre et de tuer pour rester en vie. Ou comment la mise en scène de la parole nue peut donner accès à un événement unique et non reproductible.

Synopsis

Œuvre austère, Sobibor, comme Shoah près de vingt ans plus tôt, repose sur la parole vive d’un témoin, Yehuda Lerner. Il relate son itinéraire d’adolescent juif pendant la guerre et la révolte de Sobibor, fomentée en octobre 1943 par un groupe de détenus qui a prévu l’assassinat simultané d’officiers nazis pour permettre l’évasion de centaines de prisonniers du camp. Là où Shoah multipliait les témoignages (anciens déportés, convoyeurs polonais, historiens, ancien SS) pour donner à voir, en plus de neuf heures, la réalité d’un processus d’extermination tout en rendant aux victimes leur droit à la parole, Sobibor se concentre durant une heure et demie sur un événement unique et sur l’un de ses protagonistes, trente-six ans après les faits.

Montrer la Shoah

L’extermination des juifs et des Tziganes, planifiée et exécutée par les nazis à partir de 1941, a été exceptionnelle en ce que, dans le projet comme dans les moyens, personne n’avait imaginé une chose pareille ; les images filmées par George Stevens, alors GI, lors de la libération des camps, constituèrent un traumatisme pour toute la génération de l’après-guerre.
Le cinéma européen est resté marqué par cette confrontation à ce qui n’est pas montrable mais qui doit être transmis, en passant par des images « malgré tout ».

L’image est en effet en position de témoin de quelque chose.

Or, l’extermination nazie a précisément été conçue comme la suppression de tout témoin : il n’y a donc pas d’image « juste » des camps.
Shoah, comme auparavant Nuit et Brouillard, d’Alain Resnais, évite de mettre en scène les camps ; et même La Liste de Schindler, de Steven Spielberg, ou La vie est belle, de Roberto Benigni, ne peuvent montrer les chambres à gaz.