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Femmes philosophes et philosophie

Hiver 2012

L'entretien

Entretien avec Mme Monique Canto - Sperber

 

Mme Monique Canto-SperberMonique Canto-Sperber est directeur de recherche au CNRS (Centre Raymond Aron) et directrice de l’École normale supérieure, ancienne élève de l’École normale supérieure, agrégée de philosophie et docteur.

 

 

 

 

 

 

 

Mag Philo 

Mme Canto-Sperber, en ce qui concerne la relation des femmes et de la philosophie, les temps ont vraiment bien changé. Ne trouvez-vous pas, malgré tout, que l’activité philosophique d’enseignement, d’écriture et de débat est encore restée, si ce n’est exclusivement masculine, tout du moins très marginalement féminine ?

Monique Canto-Sperber

Il est vrai que les femmes sont encore assez peu présentes dans l’activité philosophique. Mais il est difficile de nier que les choses se sont beaucoup améliorées. En effet, de nombreuses femmes aujourd’hui s’orientent vers des carrières philosophiques, elles sont aussi nombreuses à faire des études de philosophie, nombreuses à passer l’agrégation, nombreuses à écrire des livres, à publier des articles et à participer aux débats qui structurent notre discipline.

À cette présence nouvelle des femmes dans la philosophie, j’apporterai toutefois une nuance qui rejoindra sans doute ce qui reste implicite dans votre question. Des travaux d’histoire, d’interprétation de la philosophie, d’érudition sont, de façon tout à fait remarquable, réalisés par des femmes, mais malgré cela il n’est pas si fréquent de voir une femme avancer une problématique complètement originale, ou refonder un champ de savoir. Cet état de chose correspond à ce qui est sans doute une tendance à l’auto-effacement, encore assez présente chez les femmes. Il ne faut pas ignorer que de s’affirmer dans des domaines qui étaient autrefois réservés aux hommes présente déjà une véritable prise de risque, et il y a un risque encore plus grand à y frayer un chemin nouveau. Mais je ne doute pas que cette donnée évoluera rapidement et que nous aurons, parmi les femmes philosophes, de véritables refondatrices de problématiques et de concepts.

Mag Philo

Vous dirigez aujourd’hui la prestigieuse ENS de la rue d’Ulm, a contrario vous n’avez pas manqué de relever qu’aucune femme ou presque n’apparait dans le célèbre tableau de Raphaël L’École d’Athènes, si ce n’est possiblement mais bien timidement Hypatie ! Raphaël aurait été obligé de la déguiser dans sa toile sous les traits efféminés de Francesco Maria della Rovere, un neveu du pape Jules. D’où vient qu’on cherche encore à ce point, durant la Renaissance, à exclure de la philosophie la moindre présence féminine ?

Monique Canto-Sperber

C’est une question aux multiples aspects. D’abord, il n’y a pas de femme philosophe à proprement parler jusqu’au XXe siècle ; j’entends par femme philosophe une femme qui non seulement s’intéresse à la philosophie, qui non seulement fait de la philosophie, mais qui également est membre de plein droit de ces cercles de discussions, d’échanges, d’entretiens mutuels qui caractérisent l’activité philosophique depuis l’Antiquité, ce trait étant demeuré quasi ininterrompu jusqu’à présent. C’est seulement à la fin du XIXe siècle que, avec la création d’une éducation supérieure pour les femmes, ces dernières ont pu progressivement accéder à la spécialisation philosophique et suivre des cours de philosophie.

On observe incontestablement une affirmation progressive de la réflexion philosophique portée par les femmes dans le courant du xxe siècle. Il n’y a pas eu, à mes yeux, de volonté d’exclure de la philosophie la présence féminine. Toutefois, les cercles philosophiques ont fonctionné au XXe siècle, comme d’autres cercles à la même époque, avec des pairs, selon des règles de cooptation plus ou moins implicites et avec les inévitables phénomènes « d’entre soi » (et d’exclusion des autres) qui en résultent. C’est une exclusion inconsciente, involontaire et qu’on retrouve souvent dans ce type de groupe.

Mag Philo

Pensez-vous que les raisons majeures qui ont tenu à l’écart les femmes de la production intellectuelle – et particulièrement de la philosophie – sont inhérentes à la philosophie elle-même ? Ne pensez-vous pas, au contraire, que cette mise à l’écart tient à des raisons extrinsèques, purement conjoncturelles et relatives, essentiellement sociologiques, économiques, religieuses et familiales ?

Monique Canto-Sperber

L’activité philosophique est pour l’essentiel une activité réflexive, critique, qui embrasse de larges problèmes. Le travail du philosophe cherche à donner un sens à des collections de données, à des réflexions qui au premier regard en sont dépourvues. C’est aussi une activité, je persiste à le penser, qui n’est pas détachée d’une certaine ambition de recherche de la vérité. Je ne vois pas en quoi ces caractéristiques de la philosophie excluraient les femmes, je ne vois pas non plus en quoi elles feraient de la philosophie une spécialité féminine. De plus, être philosophe exige non seulement un sens de l’étonnement, comme le disait Aristote, mais également une capacité de percevoir le caractère problématique de certaines situations et d’élaborer des raisonnements. Or, les femmes sont aussi aptes à ce genre de choses que les hommes, bien évidemment. J’abonderai donc dans le sens de la seconde hypothèse que vous faites : ce sont bien des raisons extrinsèques, conjoncturelles, relatives, sociologiques, économiques, et autres, qui expliquent que les femmes aient été jusqu’au début du XXe siècle peu présentes dans l’activité philosophique.

Mag Philo

Vous connaissez particulièrement bien la philosophie grecque, pour lui avoir consacré plusieurs livres fondamentaux[1]. Partant de l’Antiquité gréco-romaine, comment expliquez-vous une telle oblitération historique des femmes en philosophie ? – Peut-on parler d’une marginalisation extrême des femmes dans la philosophie grecque et dans quelle mesure celle-ci n’a-t-elle rien de « naturel » ? – Compte tenu de votre expertise notamment sur Platon, quelles vous semblent être les spécificités d’une civilisation qui a jeté les bases d’une cité qui devrait être dirigée par des philosophes rois ? Et pourquoi pas par des femmes philosophes ?

Monique Canto-Sperber

Le monde gréco-romain est un monde qui, de manière générale, ne laissait pas aux femmes un réel espace de présence publique. Les femmes n’étaient pas citoyennes. Certes, des femmes ont eu un pouvoir considérable et ont exercé une grande influence, Cléopâtre était loin d’être la seule, mais leur pouvoir leur venait toujours d’une filiation qui validait leur statut et leur action. C’était du reste, bien qu’à un moindre degré, le cas des hommes aussi. Le trait le plus frappant du monde grec, c’est l’affiliation des femmes à la maison. Une femme n’a pas le droit à l’espace public. Elle ne prend pas la parole en public. Elle n’expose ni ce qu’elle fait ni ses talents de façon publique. Lorsqu’elle s’exprime, sa parole est réservée à des cercles restreints. À cet égard, et pour donner un autre éclairage à votre question, je prierais volontiers nos lecteurs de se reporter à La République, où Platon, après avoir posé la question de l’égalité entre hommes et femmes, y répond que, ayant les mêmes capacités que les hommes, les femmes doivent remplir les mêmes fonctions que les hommes : il n’y a donc aucune raison intrinsèque à l’exclusion des femmes d’un ensemble d’activités, y compris des activités politiques. C’est pourquoi Platon rappelle dans La République que les femmes peuvent être gardiennes, et pourquoi pas philosophes, et pourquoi pas encore chefs de la cité au même titre que les hommes. Platon insiste tout de même sur le fait que leur puissance d’agir, en particulier physique, est plus réduite que celle des hommes, ce qui peut justifier la persistance d’une inégalité de degré, non de nature. Platon est aussi conscient du fait que, pour que les femmes puissent assurer ce rôle idéalement défini pour une cité idéale, il faut les contraindre à sortir de l’espace privé et domestique, d’où cette suggestion tout à fait remarquable des Lois qui recommande d’organiser des banquets publics où les femmes mangent et parlent ensemble, de manière publique, devant toute la cité réunie. Ce que Platon décrit est analogue à un rite de passage, inhabituel mais efficace, pour amener les femmes à accéder à l’espace public que la Grèce ancienne leur avait en grande partie interdit.

Mag Philo

Vous semble-t-il que le régime éthico-politique d’une domination masculine, qui se retrouve dans de nombreux modèles culturels, a été particulièrement aidé, voire servi par le discours philosophique ambiant ?

Monique Canto-Sperber

Non, je ne peux pas dire que la domination masculine ait été, ou soit, servi par le discours philosophique ambiant, ni en Grèce ni aujourd’hui, du moins s’il est vrai que le trait philosophique premier soit celui de la critique et de la recherche des arguments. L’exemple que j’ai cité à propos de Platon montre bien que, par la force des arguments, Platon arrive à une conclusion qui n’était certainement guère en phase avec les pratiques de son temps.

Mag Philo

Les Grecs ont-ils vraiment jeté les bases d’une problématisation du monde et de l’humain qui a fermé la porte à la féminisation du savoir et de la pensée ?

Monique Canto-Sperber

Encore une fois, je ne pense pas que les Grecs portent la plus lourde responsabilité pour avoir rendu particulièrement difficile l’appropriation par les femmes du savoir et de la pensée. Il est d’usage aujourd’hui de faire du monde grec l’équivalent d’un cosmos fortement hiérarchisé où chacun occupe une place assignée et où aucune fluidité n’est possible. Mais n’oublions pas que la pensée grecque n’est pas homogène : on y trouve plusieurs orientations philosophiques très distinctes les unes des autres, même si, de manière générale, la place que chacun occupe dans la cité est assez largement déterminée par la capacité d’accéder à l’autonomie rationnelle.

Mag Philo

En particulier la sexualité et la maternité, qui ont fait l’objet de nombreuses études philosophiques et contribué à nourrir la plupart des revendications féminines et féministes, constituent-elles à vos yeux un réel problème de philosophie morale et politique et un obstacle épistémologique majeur à la reconnaissance et à l’implication des femmes en philosophie ?

Monique Canto-Sperber

Non, je ne pense pas que la sexualité et la maternité créent une condition radicalement différente pour les femmes qui justifierait pour elles une implication autre dans la philosophie ou dans la science d’ailleurs. Les femmes ne sont pas les seules à avoir une sexualité. Quant à la maternité, c’est-à-dire le fait de porter son enfant dans son corps, cela crée évidemment une condition particulière des femmes. Mais je ne connais pas d’argument montrant de façon convaincante qu’il existe un lien de cause à effet entre cette caractéristique physiologique qui, en effet, est un élément important dans la vie d’une femme, et la pratique philosophique. Il ne viendrait à l’esprit de personne de mettre en rapport la capacité de raisonner en mathématiques d’une femme avec le fait qu’elle soit mère. Je ne vois pas très bien en quoi la capacité d’être philosophe devrait être mise en rapport direct avec sa capacité de porter un enfant et d’enfanter.

Mag Philo

Sur quels acquis fondamentaux les femmes ne doivent-elles plus avoir à revenir en arrière et à transiger en matière de dignité, d’égalité et de liberté conquises ? Contrairement aux abus de pouvoirs répétés qui creusent le lit des inégalités en même temps que celui des dominations sexuelles, réelles et symboliques, la politique ne doit-elle pas, au contraire, avancer main dans la main avec la philosophie et, sans exception, montrer l’exemple ?

Monique Canto-Sperber

J’espère que rien ne remettra en cause les droits fondamentaux que les femmes ont acquis d’être traitées de manière égale avec les hommes, que rien ne portera plus atteinte à la possibilité qu’elles ont, du moins dans nos sociétés occidentales développées, d’avoir une voix qui puisse être proférée et entendue. Certes, tous les problèmes ne sont pas résolus, et existent encore de nombreuses situations où les femmes sont mises en position d’infériorité. Des données de nos sociétés contraignent-elles encore les femmes à occuper ce type de position un peu effacée ou s’agit-il malheureusement d’une intériorisation, par les femmes, d’une position seconde, plus effacée, plus en arrière-plan ? Même si c’était le cas, j’ai tendance à penser que les femmes auront bientôt la capacité de surmonter cette espèce d’inhibition qui, dans certaines circonstances, prend la forme d’une crainte devant leur propre talent ou leur propre capacité.

Mag Philo

Cependant les femmes ont acquis, et donc plutôt conquis, leur plein droit de cité dans les différentes sphères du savoir et du pouvoir. En ce qui concerne l’accès des femmes à la philosophie, quelles étapes historiques considérez-vous comme déterminantes ?

Monique Canto-Sperber

Pour ce qui a trait à l’accès à la philosophie, l’étape déterminante a été pour les femmes l’accès à l’enseignement supérieur quand les femmes ont pu assister à des cours, être formées en philosophie dans un espace public collectif qui, même s’il n’était pas toujours commun avec les hommes, était au moins en partie rendu commun par les programmes, les cursus et le type d’enseignement ; c’est véritablement une évolution majeure. L’autre évolution importante a été la capacité qu’ont eue les femmes d’accéder à l’espace public et en particulier à la publication, parce que la pensée philosophique ne se forge pas sans une interaction entre un public auquel cette pensée est destinée et le philosophe qui la conçoit.

Mag Philo

Comment expliquez-vous le changement considérable qui s’est produit dans l’histoire récente et dont vous êtes à ce jour – à travers votre propre parcours – une représentante de référence ?

Monique Canto-Sperber

Le changement qui s’est produit au cours de l’histoire récente était d’une certaine façon inévitable : accédant à des possibilités nouvelles, les femmes, bien naturellement, devaient exprimer de plus en plus de choses et manifester, de manières de plus en plus diversifiées, leur propre talent. Certes, la police des langages, la police des mœurs et la vigilance collective se sont développées, le délit de sexisme aujourd’hui existe alors qu’il n’existait pas autrefois, mais cela ne suffit pas à régler la question du respect à l’égard des femmes. Je ne suis pas sûre que les mœurs, sur ce point, ne soient pas en retard par rapport à la loi.

Mag Philo

En plus des intérêts bien compris de pouvoir, la quasi-exclusion totale des femmes durant des siècles comme aberration philosophique ne provient-elle pas aussi, selon vous, pour une bonne part, de la mauvaise foi et de l’inconscient ? Que faire pour inventer des conditions socioéconomiques mais aussi idéologiques afin qu’il y ait davantage de femmes philosophes ? Et de femmes politiques, y compris aux plus hautes fonctions de l’État ?

Monique Canto-Sperber

Le fait qu’une femme occupe une position de pouvoir est vraiment très difficile à vivre. Lui sont souvent appliqués des stéréotypes qui sont des stéréotypes de rejet, de disqualification, de délégitimation (l’incompétence, l’autoritarisme, l’intrigue). Ces reproches sont destinés à disqualifier la manière dont les femmes peuvent véritablement avoir une capacité de direction et de gestion. Tous les dirigeants, quelle que soit l’organisation qu’ils dirigent, sont inévitablement en position sacrificielle, d’une certaine manière ils sont l’exutoire de toutes les insatisfactions collectives. Il me semble que cette fonction sacrificielle est beaucoup plus fortement imposée aux femmes qu’aux hommes. Je pense souvent à cette formule qu’énonçait un ami à propos d’une connaissance commune : « Elle est montée sur un trône et c’était un échafaud. » C’est véritablement une loi d’airain qui s’applique à toutes les femmes en position de pouvoir et surtout si elles sont féminines.

Mag Philo

En tant que femme philosophe et directrice d’une institution d’étude d’excellence, qu’auriez-vous aujourd’hui envie de dire aux jeunes femmes, tout particulièrement aux lycéennes et étudiantes qui découvrent la philosophie ? Et conjointement, qu’auriez-vous envie de dire à leurs jeunes congénères masculins ?

Monique Canto-Sperber

Un seul message est à adresser aux jeunes étudiantes de philosophie : ne pas avoir honte de leur discipline, s’y engager aussi loin qu’elles le peuvent, en particulier jusqu’à une thèse et un travail de recherche ; je persiste à penser que c’est la meilleure des formations intellectuelles et qu’elle permet d’accomplir tous les métiers. Malheureusement, aujourd’hui, notre société offre peu de métiers de philosophes professionnels, mais ce qui a été acquis dans une formation philosophique poussée assez loin est un atout pour toute l’existence.

Propos recueillis par Gilles Behnam pour le Mag Philo

– Biographie

Monique Canto-Sperber est directeur de recherche au CNRS (Centre Raymond Aron) et directrice de l’École normale supérieure.

Ancienne élève de l’École normale supérieure, elle est agrégée de philosophie et docteur. Elle a occupé plusieurs postes universitaires (université de Rouen et d’Amiens) et dirigé une équipe de recherche (à l’université de Caen) avant d’entrer comme directeur de recherche au CNRS. Elle a également dirigé et organisé de nombreux colloques et associations de recherche. Elle a dispensé, plusieurs années, un enseignement sur les sciences dans la société à l’université Stanford (USA).

Monique Canto-Sperber a siégé dans de nombreux conseils et commissions. Elle a présidé la Commission de philosophie du Centre national des lettres et a été vice-présidente du Comité consultatif national d’éthique. Elle dirige deux collections aux Presses universitaires de France. Elle a également travaillé à la chaine parlementaire, Public Sénat, et est productrice à France Culture.

Monique Canto-Sperber a travaillé d’abord dans le domaine de la philosophie antique. Elle a publié quatre traductions et commentaires des dialogues de Platon ainsi que plusieurs ouvrages consacrés à la philosophie grecque (Les Paradoxes de la connaissanceEssais sur le Ménon de Platon) (1991), Philosophie grecque (1997) et Éthiques grecques (2002).

Depuis une quinzaine d’années, l’essentiel de ses travaux est consacré à la philosophie morale et politique contemporaine ainsi qu’à la réflexion sur les aspects sociaux et éthiques des sciences d’aujourd’hui. Elle a travaillé sur plusieurs questions d’éthique pratique. Elle a publié de nombreux ouvrages de référence dans ces domaines, traduits en plusieurs langues, dont La Philosophie morale britannique (1994), le Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale (1996, 4e édition : 2004), L’Inquiétude morale et la Vie humaine (2001), Les Règles de la liberté (2003), Le Bien, la Guerre et la Terreur (2005), Le Libéralisme et la Gauche (2008), et Essai sur la vie humaine, Naissance et liberté (avec René Frydman), Que peut l’éthique ?, trois ouvrages parus en 2008, Vies et Destins, Paris, Textuel (2009). Elle a également dirigé la publication de plusieurs ouvrages (Le Style de la pensée (2002), Éthiques d’aujourd’hui (2004)).

Elle a reçu plusieurs prix universitaires. Elle est Officier de la Légion d’honneur et Chevalier des Arts et des Lettres, Officier de l’Ordre du mérite et membre associé de l’Académie royale de Belgique.

 

– Ouvrages et publications

La Philosophie grecque, Paris, PUF, 1998

L’Inquiétude morale et la Vie humaine, Paris, PUF, 2001

Ethiques grecques, Paris, PUF, 2001

Le Style de la pensée. Hommages à Jacques Brunschwig, Paris, Les Belles-Lettres, 2002

Les Règles de la liberté, Paris, Plon 2003

Le Socialisme libéral, Paris, Éditions Esprit, 2003

Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale, Paris, PUF, 4e édition complétée, 2004

Le Bien, la Guerre et la Terreur, Paris, Plon, 2005

Faut-il sauver le libéralisme ?, Paris, Grasset, 2006

Platon, Gorgias, Paris, Flammarion, 2007

Le Libéralisme et la Gauche, Paris, Hachette Littératures, 2008

Essai sur la vie humaine, Paris, PUF, 2008

Naissance et Liberté, la procréation à l’âge moderne (en coll. avec R. Frydman), Paris, Plon, 2008

Que devons-nous faire face aux nouvelles questions d’éthique ?, Paris, Textuel, 2008

Vies et Destins : les hommes et leurs récits, Paris, Textuel, 2009

L’Idée de guerre juste, Paris, PUF, 2010

La Morale du monde, Paris, PUF, 2010

 

– Activités professionnelles et commissions

Directeur de recherche au CNRS, 1993

Chargée d’enseignement à l’École normale supérieure, 1995

Enseignante dans l’École doctorale de l’EHESS, 1996

Directeur de recherche au CNRS, Centre de recherches politiques Raymond Aron ESA 8036, 1999

Chargée de mission du directeur de l’École normale supérieure, 2003-2005

Directrice de l’École normale supérieure, 2005-

Membre du comité de rédaction European Journal of Philosophy (1993-1996), Ethical Theory and Moral Practice (1996-), Revue de Métaphysique et de Morale, Comprendre.

Directrice de collection de Philosophie morale et du Dictionnaire de philosophie morale aux Presses universitaires de France (1993-)

Membre de la Commission d’éthique du CNRS (COMETS) (1998-2001)

Experte et intervenante dans l’émission « Bibliothèque Médicis », chaine parlementaire : Public Sénat (2001-)

Animatrice d’une émission hebdomadaire sur France Culture « Questions d’éthique »

Membre du Comité d’éthique (2001-2005)

Membre de la Commission de philosophie au Centre national des Lettres (2001-2004)

Membre de la Commission « Violence et télévision » (2002)

Membre de la Commission « Éthique et justice » (2003)

Membre associé de l’Académie royale de Belgique (2008)

Membre de la Commission du Grand Emprunt national (2009)

 

– Distinctions officielles

Prix Marcelle Blum de l’Académie française, 1991

Chevalier des Arts et des Lettres, 1997

Chevalier de la Légion d’honneur, 2000

Prix Philippe Habert des Professeurs de sciences politiques, 2005

Officier de l’Ordre national du mérite, 2005

Officier de la Légion d’honneur, 2009

 

[1] Philosophie grecque, en collaboration avec J. Barnes, L. Brisson, J. Brunschwig, et G. Vlastos, Paris, Presses universitaires de France, coll. Premier cycle, 1997 et Éthiques grecques, Presses universitaires de France, coll. Quadrige/Essai, Paris, 2001.