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Reprenant un intitulé du programme des classes terminales littéraires, ce dossier couvre le thème de la citoyenneté et celui de l'esclavage.
Non sans ironie, Thierry Leterre note que « la citoyenneté est un thème perturbant », et qu'en assumant les exigences d'une authentique pratique politique, l'on finit par se rendre « aristocrate de la citoyenneté ». À son propos fait écho son entretien avec le professeur Jean Leca, qui interroge la citoyenneté « européenne », remarquant que nous oscillons avec incertitude d'une « atonie » politique à ces « crises » qui paraissent secouer nos institutions, et que nous sommes pour ainsi dire commis à mesurer l'efficacité de notre pouvoir et les conséquences de nos choix politiques, économiques, ou sociaux.
Gilles Behnam, pour sa part, dresse un tableau des diverses formes de l'esclavage, et tente de montrer qu'il ne suffit pas de distinguer les pratiques de l'Antiquité de celles de l'époque moderne, mais qu'il convient au-delà de penser le concept de l'aliénation, ses figures contemporaines, et leur caractère le plus souvent opaque et insidieux.
Enfin, Paul Mathias s'appuie sur certaines analyses linguistiques d'Émile Benveniste pour montrer que l'idée de la citoyenneté ressortit à une double logique, issue d'une matrice intellectuelle des langues grecque et latine, et révélatrice de la complexité de nos rapports à nos institutions.
En même temps que quelques notes de lecture, il faut espérer que ces réflexions seront l'occasion d'une agréable et féconde navigation.
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