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À la question « Que vaut le travail ? » succède un cortège de réponses variées et discordantes. Cette interrogation semble faire resurgir des polémiques issues d'appréciations éthiques, politiques, religieuses ou métaphysiques.
Ainsi l'évaluation du travail se trouve-t-elle d'emblée presque toujours perturbée par nos opinions et nos préjugés. Il semble cependant y avoir une constante selon laquelle le travail vaut toujours quelque chose, et même qu'il est ce par quoi toute chose peut en venir à prendre quelque valeur.
Mais qu'en est-il alors du travail spontané accompli naturellement par l'animal ? s'interroge François Vert en commentant le célèbre texte de Marx. Saisir précisément ce que ce travail animal peut valoir et quelle fonction naturelle il remplit devrait permettre de faire retour sur l'être humain.
Sur les pas de Mallarmé, Xavier-Gilles Néret nous invite à découvrir les dilemmes poétiques et existentiels qui assaillent celui qui travaille sans l'amour de ce qu'il fait. C'est par une allégorie qui oppose le poète au terrassier que l'auteur nous rappelle les fondements d'une conception selon laquelle le véritable travail n'est pas toujours celui auquel on croit. C'est alors que les stigmates du travail apparaissent, enlaidissant paradoxalement celui-là même qui véritablement travaille.
La valeur du travail, qu'il soit aliénant ou libérateur, mécanique ou poétique, ne se contente pas d'une approche philosophique, et on ne peut faire l'impasse sur son statut et sa portée économiques. Djamel Arrouche pose à son tour la question en partant de ses fondements les plus « classiques ». En montrant quels sont les principes directeurs qui ont servi à Adam Smith pour jeter les bases d'une double dimension de la valeur travail, il parvient à éclairer le devenir historico-économique de cette notion jusqu'à nos jours.
Dans le travail, on ne se contente pas de produire des biens et de transformer la nature, on se transforme toujours soi-même, comme nous le confie dans l'entretien Christophe Dejours, psychiatre et psychanalyste. Empruntant initialement les pas de Hegel, puis ceux de la phénoménologie matérielle de Michel Henry, il nous invite à relever ce qu'il peut y avoir d'essentiel pour la subjectivité et pour la personnalité.
Cécile Veillard propose une lecture de deux ouvrages où le travail est critiqué non pour lui-même mais pour les intérêts qu'il sert, pour l'organisation sociale et économique qu'il produit et pour les inégalités et les injustices qu'il engendre. Dès lors aussi, le travail est présenté comme le remède miracle aux difficultés - y compris les plus extrêmes - d'insertion et d'intégration du corps social.
Autant de problèmes qui par leur actualité tenace méritaient d'être abordés sous la diversité des angles philosophique, littéraire, économique et psychodynamique.
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