Témoignage de Charles Palant
 
L'arrestation et l'arrivée à Auschwitz
Un trio de miliciens avait dénoncé un certain nombre de familles juives qu'ils avaient repérées et, le 17 août 43, la Gestapo est venue à la maison, pour me chercher moi et par la même occasion arrêter ma mère et ma sœur.

C'étaient... ceux qui sont venus, ce sont des Allemands ?
C'étaient des Allemands, la Gestapo, la police secrète allemande, ce qui est la vraie définition de la Gestapo, Geheime Staatspolizei. Alors, ça a été le cursus habituel : Fort Montluc, la prison un certain nombre de semaines, puis Drancy, puis la déportation, puis le 10 octobre 43.

Avec votre mère et votre sœur ?
Avec ma mère et ma sœur bien sûr, on a été déportés vers Auschwitz. Le 7 octobre de Paris et le 10 octobre là-bas.

Arrivés là-bas ?
Oui, nous sommes arrivés le 10 octobre, trois jours, je ne me rappelle plus si c'est deux jours et trois nuits, ou deux nuits et trois jours. Nous sommes arrivés sur la rampe d'Auschwitz, sélection dont vous avez entendu parler certainement, et sur les 1 000 personnes que nous étions, 260 hommes, jeunes, d'apparence en bonne santé (j'avais 21 ans) ont été épargnés et les 740 autres personnes sont parties dans une direction que nous n'expliquions pas, nous ne savions pas. Nous, les 260, on nous a fait monter dans des camions et, après un court voyage d'une dizaine de kilomètres, nous étions arrivés dans un camp qui portait un triple nom, il s'appelait : Buna-Monowitz Auschwitz 3.

Propos recueillis par Michèle Kahn et Béatrice Guthart



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