Pour mémoire - Libération du territoire
   
 

Présentation

Les étapes de la libération du territoire

Le repli allemand

L'épuration

Les 7 et 8 mai 1945

Sélection documentaire
 



La collection « Pour mémoire »

   
Le repli allemand 
 
Présentation des documents
Document 1 – Massacre à Robert-Espagne, dans la Meuse
Extrait de la une du quotidien « Défense de la France » (D.F.), journal de la Résistance créé en 1941, futur « France soir », datée du samedi 16 septembre 1944.
D.R.

Lire le texte intégral (PDF, 18 ko)

Ce massacre est perpétré le 29 août 1944, « trois jours avant l’arrivée des Américains ». Il concerne en réalité non seulement Robert-Espagne, mais également trois autres communes du sud-ouest de la Meuse, en Lorraine : Beurey-sur-Saulx, Couvonges (et non « Couvanges » comme il est imprimé) et Mognéville. Le 9 septembre, soit onze jours seulement après les faits, ont lieu les obsèques des « martyrs de Robert-Espagne ». L’envoyé spécial du quotidien Défense de la France, Georges Le Fèvre, assiste à la célébration. Il livre ici un reportage brut, recueilli sur le vif, à partir des témoignages des seuls villageois. L’émotion est bien entendu immense et prime parfois l’information.
Il conviendra donc tout d’abord de rétablir les faits. Les criminels ne sont pas des « SS », comme l’écrit le journaliste, mais des soldats de l’armée régulière allemande, la Wehrmacht, appartenant à la 3e division de Panzergrenadiers commandée par le Generalmajor Hans Hecker. Cette unité avait quitté l’Italie (Florence) par voie ferrée,  direction Saint-Dizier en Haute-Marne (à quelques kilomètres au sud de Robert-Espagne), avec la mission de bloquer ou de retarder l’avance des troupes américaines du général Patton. Pourquoi, ensuite, un tel « Oradour » lorrain ? Deux jours plus tôt, le 27 août, les résistants des FTP (Francs-tireurs et partisans : organisation paramilitaire FFI, proche du parti communiste) du maquis des Trois-Fontaines (massif forestier situé à quelques kilomètres au sud de Robert-Espagne) avaient tué tous les occupants allemands d’une voiture de tourisme. Par ailleurs, plusieurs convois allemands en retraite avaient été mitraillés sur la route reliant Vitry-le-François à Bar-le-Duc, axe proche du village (au nord). Il s’agit bien d’une contre-offensive allemande par conséquent, qui va s’accompagner au passage de mesures de représailles telles que pillages, incendies, exécutions sommaires.
À préciser également si l’on souhaitait revenir sur le contexte régional, particulièrement tragique : la présence d’un « Malgré-nous » alsacien au sein de l’unité allemande responsable de ces crimes (voir Les Étapes de la libération du territoire, commentaire document 4a).

Approfondir le sujet à partir de l’histoire d’un autre village martyr :
Les fiches pédagogiques du Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane
www.oradour.org/
Document 2 – Les poches de l’Atlantique en janvier 45
Extraits de la une et de la page 2 du « Figaro » du 12 janvier 1945.
D.R.

Lire le texte intégral
(PDF, 20 ko)

Ces deux articles de presse (la une et « Quelques précisions » en page 2) tirés du Figaro dressent un panorama général de la situation en janvier 45. En dépit du succès des deux débarquements de Normandie et de Provence, occasionnant le repli stratégique des troupes allemandes (ordonné par Hitler le 17 août 1944), de nombreux Français vivent encore sous le régime de l’Occupation, dans l’attente de leur libération. Celle-ci viendra d’ailleurs d’autres Français, équipés tant bien que mal, FFI pour la plupart, car les Alliés, forts de l’expérience de Brest (la reconquête du port avait duré six semaines et immobilisé un corps d’armée américain entier) ont choisi de ne pas attaquer. Face à eux, dans de véritables forteresses (Festung), 100 000 Allemands tiennent le terrain, solidement retranchés et organisés (à rechercher dans le texte : DCA, artillerie lourde, bombardements, pillage des sites évacués, ravitaillement aérien, liaisons maritimes…). C’est le « front de l’Atlantique ». Les « poches » de Royan (amiral Michahelles), Saint-Nazaire (général Junck), La Rochelle (amiral Schirlitz) et Lorient (général Farmbacher) finiront par tomber, respectivement les 18 avril, 8, 9 et 10 mai 1945.
On pourra citer encore la poche de Dunkerque, sur la mer du Nord (et non « la Manche », comme l’écrit le journaliste ; amiral Frisius, reddition le 9 mai), à laquelle il est fait allusion dans un renvoi à l’édition du Figaro du 19 octobre.

En savoir plus :
Royan-La Rochelle, un interminable siège, par Pierre Miquel
www.lexpress.fr/
Libération de la poche de Lorient
www.cheminsdememoire.gouv.fr/
Document 3 – Une unité FFI dans les combats

(Document en attente d'autorisation de reproduction)

Cet historique complètera utilement la lecture du document précédent, dans la mesure où il permettra aux élèves de s’imaginer très concrètement l’activité des combattants de l’intérieur via l’exemple de la Vendée.
Le paragraphe A évoque la période de clandestinité d’août 43 à mars 44, ponctuée d’arrestations et de déportations. Trois mouvements majeurs de la Résistance unifiée, zones nord et sud, y sont représentés : l’Organisation civile et militaire (OCM), le mouvement Libération-Sud d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie et le Front national (FN, d’instigation communiste : à ne pas confondre avec le parti d’extrême droite). Le paragraphe B retrace les opérations militaires à partir du 13 août 1944. On peut parler d’une véritable guérilla. S’y succèdent en effet un nombre impressionnant d’actions ciblées : sabotage des moyens de communication, attaques de convois, embuscades, etc. En septembre, le groupe L4 s’étoffe, s’intègre à l’armée régulière et devient « 4e bataillon FFI ». Il prend position un peu plus au Sud, en Charente-Maritime, dans l’objectif de tenir une portion du front français qui encercle alors la poche de La Rochelle (voir document 2 et son commentaire). Cette mission s’appliquera jusqu’au 28 février 1945, comme l’indique le paragraphe C, qui conclut sur sa dissolution définitive le 1er octobre suivant, après que la Vendée a été libérée.
On précisera l’origine de l’abréviation « FFAU » (Forces françaises de l’« Aunis », paragraphe C : ancienne province française correspondant au nord-ouest de la Charente-Maritime, région de La Rochelle). Et on rappellera que les résistants vendéens du « groupe L4 » obéissaient aux ordres du général Kœnig (de retour sur le territoire, il prit le commandement des FFI à partir de mars 1944), sous l’autorité du général de Gaulle.

En savoir plus sur le général Pierre Kœnig
www.ordredelaliberation.fr/

Pistes pédagogiques
Dans le cadre d’un travail semi-dirigé, on pourra proposer aux élèves le questionnaire suivant.

1. Document 1
a. Où et quand se produit l’épisode tragique évoqué ici ?
b. Quelle est la situation de l’armée allemande à cette date ?
c. Vous avez étudié les étapes de la Libération. Citez les noms des deux grandes villes françaises dont la libération par la 2e DB intervient peu avant, puis peu après ce massacre.
d. Qui rapporte les événements ? D’où tient-il l’information ? Qui serait responsable du massacre d’après lui ?
2. Document 2
a. De quoi est-il question à présent ? À quelle date ? Expliquez brièvement le contexte.
b. Autour de quels ports français les « poches » se concentrent-elles ? (trois réponses) Quelle est la stratégie allemande ?
c. Qui assure la contre-offensive, côté Alliés ? Pourquoi ?
d. De quelle manière et avec quels moyens ces troupes interviennent-elles ? (Vous rechercherez dans le texte des éléments précis montrant le déséquilibre des forces en présence.)
3. Document 3
a. Le 13 août 1944, le général Kœnig (commandant les FFI) donne l’ordre au « groupe L4 » de passer à l’action. Qui sont ces hommes, d’après le paragraphe A ? Où agissent-ils précisément ?
b. Comment procèdent-ils ? Comment nomme-t-on une telle tactique dans le lexique guerrier ? Vous relèverez quelques exemples dans le paragraphe B.
c. À quelle opération alliée d’envergure, déclenchée sur notre territoire à partir du surlendemain, peut-on relier cet ordre militaire ? Indiquez son nom de code.
d. Que devient le « groupe L4 » à partir de septembre 1944 (deux réponses : paragraphes B et C) ? Expliquez.
e. À quelle date précise et pourquoi est-il dissous ?


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Créé en décembre 2005. Actualisé en novembre 2006. Tous droits réservés. Limitation à l'usage non commercial, privé ou scolaire.