La production de 1899
Personnages et emplois
Massenet a recours dans les emplois vocaux à une variété tout à fait inhabituelle qui nécessite une distribution difficile à réunir. C’est sans doute l’une des raisons de la rareté des programmations de Cendrillon sur les scènes d’opéra. Le librettiste a par ailleurs choisi de donner des prénoms à des personnages qui n’en avaient pas dans le conte. Ainsi, Cendrillon – surnom qui vient de ce que la jeune fille passe la plupart de son temps dans l’âtre où se trouvent les cendres – s’appelle Lucette dans le livret. Mais ce n’est pas la seule à avoir une identité précise comme le montre la liste des personnages.
Cendrillon (soprano)
Mme de la Haltière (mezzo –soprano ou contralto)
Le Prince Charmant (falconfalcon
[n.f.] : type de voix de soprano, typiquement français. Soprano dramatique, à la tessiture centrale, très proche du registre de mezzo-soprano. Le nom vient de la cantatrice Cornélie Falcon (1814-1897), créatrice d’œuvres de Meyerbeer et Halévy.
ou soprano de sentiment, parfois remplacé par un ténor)
La Fée (soprano léger)
Noémie (soprano)
Dorothée (mezzo-soprano)
Pandolfe (basse chantante ou baryton)
Le Roi (baryton)
Le Doyen de la Faculté (ténor ou trial)
Le Surintendant des Plaisirs (baryton)
Le Premier Ministre (basse chantante ou baryton)
Les six Esprits (quatre soprani et deux contralti)
Chœurs : Serviteurs, Courtisans, Docteurs, Ministres, Dames et Seigneurs
Ballet : Follets, Tailleurs, Coiffeurs, Modistes, Fiancés (2 solistes), les Filles de la Noblesse, Princesses, Gouttes de Rosée
Figuration : Dames et Seigneurs, Pages, Musiciens, Princesses, Serviteurs, etc.
La voix du Hérault : personnage parlant depuis les coulisses
En classe
Lire et comprendre
Demander aux élèves de commenter la formation des noms du père (Pandolfe) et de la belle-mère (Mme de la Haltière) qui met en avant son titre de comtesse mais dont l’arrivisme et les manières relèvent plutôt de la petite bourgeoisie. Quels sont les référents implicites ? En déduire ce que cela implique sur leur caractère respectif.
On soulignera au passage l’esprit du librettiste qui invente une poétique onomastique au service de l’action théâtrale. On pourra relever le clin d’œil intertextuel à Molière lorsque le père de famille, qui a du mal à asseoir son autorité, reprend dans l’acte I, non sans ironie, une réplique d’Arnolphe : « Du côté de la barbe est la toute-puissance. » (Acte III, scène 2 de L’École des Femmes).

