Une œuvre emblématique de la Belle Époque
Sommaire
La réécriture du conte par Henri Cain
Henri Cain (1857-1937) romancier, dramaturge, peintre et librettiste collabore pour la troisième fois avec Massenet lorsqu’il écrit le livret de Cendrillon (il en écrira encore trois autres pour lui : Chérubin [1905], Don Quichotte [1910] et Roma [1912]). Reprenant le conte de Perrault et certains éléments féeriques de celui des frères Grimm, Cain resitue l’action dans un hypothétique XVIIe siècle, pastichant les comédies moliéresques et leurs personnages bouffons, tout en conservant le registre sentimental « fin de siècle » pour le couple amoureux formé par Cendrillon et le Prince Charmant. À ce mélange des tons d’un goût décadent, s’ajoute une prose poétique d’un style affecté dont la mise en musique masque en partie le maniérisme et la redondance.
Le livret
Le livret composé en quatre actes et six tableaux se plie aux exigences du compositeur et aménage habilement l’entremêlement des morceaux musicaux (air, duo, trio, ensemble, chœur, danse...) et des parties parlées dans le déroulement dramatique.
L’argument
Acte I
Pandolfe, un roturier au caractère faible, regrette d’avoir quitté sa campagne pour épouser la comtesse de la Haltière, d’autant que sa fille Lucette, appelée « Cendrillon », est la laissée-pour-compte de la famille recomposée. L’ambitieuse comtesse ne songe qu’à préparer, à grand renfort d’artifices, ses deux filles Noémie et Dorothée pour paraître au bal du roi le soir même. Restée seule, Cendrillon songe avec regret au bal et range la maison avant de s’endormir dans l’âtre. Sa marraine la Fée paraît et commande à ses follets une robe couleur de ciel et un attelage complet. Lorsque Cendrillon se réveille, elle est métamorphosée et part au bal sur la promesse de le quitter avant minuit. Ses pantoufles enchantées la rendront inconnue à ses proches.
Acte II
Chez le roi, tout est prêt pour le bal mais ni courtisans, ni médecins, ni ministres ne parviennent à distraire de sa mélancolie le jeune Prince Charmant qui ne rêve que d’amour. Alors que les danses se succèdent afin de lui permettre de choisir une épouse, Cendrillon paraît. Le coup de foudre est réciproque. Minuit arrache les amoureux l’un à l’autre.
Acte III
De retour chez elle, Cendrillon regrette d’avoir perdu une pantoufle dans sa fuite. Ses demi-sœurs et sa belle-mère rentrent peu après, furieuses que le bal ait été écourté par la disparition de l’inconnue qu’elles calomnient. Cendrillon est bouleversée. Bien que Pandolfe ait trouvé la force de chasser les trois harpies et lui promette de la ramener au pays, Cendrillon décide de s’enfuir seule jusqu’au Chêne des fées.
Sous le Chêne sont rassemblés, autour de la Fée, follets et esprits qui se dispersent quand arrivent, par des chemins différents, Cendrillon et le Prince Charmant. Chacun prie la Fée de lui rendre l’aimé(e) et entend l’autre sans le voir. La Fée les autorise à s’embrasser et les endort.
Acte IV
Plusieurs mois ont passé et Cendrillon sort d’un long sommeil entrecoupé de délires. Elle se demande si elle n’a pas tout rêvé, ce que lui confirme son père. Mais dans la rue, un appel la réconforte : un héraut invite, de la part du Prince, toutes les jeunes filles du royaume à essayer la pantoufle perdue.
Dans la cour d’honneur du château se pressent les jeunes filles. L’arrivée de Cendrillon redonne vie au Prince défaillant. Leur union bouleverse Pandolfe mais c’est Mme de la Haltière qui manifeste la joie la plus tapageuse.
Programme de l’Opéra Comique, janvier 2011

