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Opéra en actesOpéra en actes

Einstein on the Beach

Introduction

Photo de l’opéra Einstein on the Beach à l’Opéra national de Montpellier en 2012Production 2012 / Opéra national de Montpellier
© Marc Ginot

Einstein on the Beach est une partition de près de 5 heures de musique. Voici quelques éléments d’analyse de cette œuvre monumentale.

La structure ou plutôt l’architecture d’Einstein on the Beach, pour reprendre le terme des créateurs, se décline en quatre actes articulés entre eux par des interludes appelés « Knee play ». Au sein de chaque acte, on remarque une subdivision allant de deux à trois sous-parties dont certaines sont appelées « scènes ». Un prologue introduit l’ensemble de l’œuvre. Cette première observation permet de relever une volonté d’équilibre au sein de la structure de l’œuvre, comme le démontre le schéma ci-dessous, ainsi que l’utilisation de codes issus de la tradition de l’opéra occidental dans la terminologie de la structure de l’œuvre (acte, scène, prologue) en même temps qu’une démarcation nette avec ces éléments par l’utilisation d’une autre terminologie (« Knee play ») et le renoncement aux fonctions de la terminologie classique en même temps que son acceptation en d’autres endroits : par exemple, le prologue a une fonction d’introduction comme c’est le cas dans la tragédie lyrique du XVIIe siècle.
Les scènes durent en général une vingtaine de minutes. Cette conscience du temps et de la durée est un des éléments de départ de la construction de l’œuvre pour les créateurs qui « projettent le théâtre et la musique dans le temps et l’espace ».

Tableau sur l’architecture de l’opéra Einstein on the Beach

Au sein des sous-parties qui constituent les actes, on remarque dans ce premier schéma, des récurrences qui vont constituer parmi d’autres éléments, les points fondateurs de la partition musicale et qui vont évoluer au fur et à mesure de l’avancement dans l’œuvre.
C’est donc une analyse thématique qui va nous permettre de suivre le fil conducteur de cette pièce aux dimensions gigantesques.

« Si vous regardez les peintures de Chuck Close, vous verrez qu’il travaille sur des points et des ensembles qui se répètent sans arrêt, mais ce n’est pas si simple. C’est une façon de travailler où l’on énonce une idée thématique avant de constamment la modifier, de sorte qu’elle subit une métamorphose permanente, pour devenir sans cesse autre chose. » (Philip Glass)