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Opéra en actesOpéra en actes

Les Mamelles de Tirésias

Caractéristiques

Déroulement dramatique et temporel

Cet opéra dure moins d’une heure alors qu’il comporte deux actes et un prologue. Ce qui le classe parmi les œuvres bouffes brèves de la première moitié du XXe siècle avec L’Heure espagnole de Maurice Ravel (1911) et Gianni Schicchi de Giacomo Puccini (1918).

Sur la trame dramatique très mince du texte d’Apollinaire se déroule une succession de tableautins comiques, dans le même esprit que le sketch (anglicisme apparu en 1903).

Les situations sont invraisemblables et les personnages sans psychologie. Face à Thérèse, dont la caractérisation est essentiellement vocale, seul le Mari se détache de l’univers bouffon. Il est en effet doté d’une conscience, d’une profondeur psychologique soulignée par la musique de Poulenc. Les autres rôles, tels ceux de la commedia dell’arte, sont avant tout des types, des emplois : le duo Lacouf et Presto s’inscrit dans la lignée burlesque du grand maigre et du petit gros, popularisée par le célèbre couple Laurel et Hardy du cinéma américain de l’entre-deux-guerres.

Si les numéros sont ordonnés de façon à offrir variété et contrastes, ils sont également tendus vers les finales d’actes. Certains morceaux ont une structure musicale clairement affichée (rondorondo
[n. m.] : forme musicale apparentée au couplet-refrain. Une phrase récurrente (A) alterne avec une autre phrase musicale changeante, suivant le schéma suivant : A/B/A/C/A/D/A, etc.
, forme tripartite, choralchoral
[n. m.] : à l’origine chant religieux prosodique (une syllabe : une note) issu de la réforme protestante, systématiquement harmonisés (à 4 voix) dès le XVIe siècle. Par extension concerne toute écriture musicale en accords successifs.
et variationsvariations
[n.f.] : technique d’écriture musicale, consistant à produire plusieurs phrases musicales dérivées d’un thème initial.
), d’autres suivent scrupuleusement le texte d’Apollinaire.
Poulenc a largement commenté cette fidélité à l’œuvre d’origine : « Je crois en tout cas qu’au point de vue d’Apollinaire c’est on ne peut plus orthodoxe. […] En tout cas c’est bourré de musique avec un manque de redite des nombreux thèmes que je trouve bien agréable et surtout, surtout c’est follement scénique. Il n’y a pas un jeu de scène qui ne soit en rapport direct avec la musique, ce qui souvent m’a posé de graves problèmes. Deux répliques m’ont arrêté pendant plus d’une semaine. » (Poulenc à Pierre Bernac, Correspondance 1910-1963, par Myriam Chimènes, Fayard, 1994, p. 139-140.)

De fait, il n’y a pas de retour thématique d’un numéro à l’autre, ce qui exige une attention permanente et soutenue de la part des spectateurs. C’est là un aspect de l’œuvre que Poulenc trouvait « bien agréable », et qui devait plaire également aux mélomanes de l’après-guerre, mais qui peut représenter une difficulté pour les générations actuelles.

En classe
Resituer les extraits de l'œuvre

Il peut être intéressant d'entraîner les élèves à resituer des extraits musicaux dans le cours de l'action à l'aide du tableau synoptique de l'opéra de Poulenc.
Le travail de mémorisation peut également être poussé plus loin :

  • en rompant la chronologie des événements (Que se passe-t-il en II, 5 ? Par quoi est précédé le Chœur des nouveau-nés ? Quand Thérèse revient-elle sur scène ?) ;
  • en faisant écouter les premières secondes d'un morceau et en demandant à la classe de restituer l'extrait dans le tableau.