
Voyager par le rail en Chine est une expérience singulière qui révèle un certain art de vivre chinois. Avant d’entreprendre un long périple, il faut d’abord choisir entre voyager tout confort ou supporter les raideurs d’un long trajet sur des banquettes moins agréables.
En Chine, il existe quatre classes : sièges durs sièges mous, couchettes dures, couchettes molles. Les distances à parcourir en train dans ce pays gigantesque donnent une autre dimension au temps du voyage. Les Chinois sont rompus à ces longs périples – qui peuvent durer 36 heures – et recréent, en dépit du confinement, un espace de vie et une sociabilité hors du commun.
Dans le vacarme des wagons de deuxième classe, des couchettes « dures » s’alignent dans les couloirs étroits et bondés. Les familles se partagent l’endroit avec des voyageurs solitaires et échangent quelques mots qui se prolongent parfois en de longues conversations.
Des mères de famille servent le thé aux inconnus qui partagent leur voiture et leurs font passer des jiaozi (raviolis chinois). Les hommes, quant à eux, entraînent ces étrangers dans d’interminables parties de cartes.
Au cours du voyage, les enfants crient, rient, jouent et s’amusent en grimpant sur les couchettes. Cette pagaille donne vie à une ambiance chaleureuse qui contraste avec l’atmosphère impersonnelle des grandes villes comme Beijing ou Shanghai. Elle rappelle aussi que la communauté et le partage de l’espace demeurent des valeurs centrales de la culture chinoise.
Retrouvez le kaléidoscope sur les voyages en train dans le n°7 de Planète Chinois.
Wagons en couchettes dures :

© G. Gunn

© G. Gunn

© G. Gunn
Wagons en couchettes molles :

© CNSPHOTO
revue associée : Planète Chinois n°7
article associé : Kaléidoscope p.8