Poètes
Louis Aragon, « Je vous salue ma France »
Pour aller plus loin
Aragon ou quand la poésie est conçue comme une arme
Ces poèmes, diffusés très tôt dans des revues ou sous forme de tracts, ont été sur toutes les lèvres et ont fait d’Aragon le chantre de la Résistance, un « poète national » disait Paul Claudel. On pourra proposer de s’intéresser plus particulièrement aux quatre recueils suivants.
- Le Crève-cœur (1941). Il réunit vingt-deux poèmes (et l’essai « La Rime en 1940 ») écrits par Aragon entre octobre 1939 et octobre 1940. Treize textes sont rédigés pendant la « drôle de guerre », neuf autres après mai 1940 (quatre de ceux-là sont consacrés aux mois de mai et juin, les cinq derniers évoquent la période qui suit l’armistice).
- Les Yeux d’Elsa (1942). Ce recueil rassemble vingt et un poèmes parus dans des revues entre juin 1941 et février 1942. Publié en 1942 aux Cahiers du Rhône, à Neufchâtel, il inaugure le long cycle consacré par l’auteur à sa compagne Elsa Triolet, avec qui il formera jusqu’à la mort de celle-ci, en 1970, un couple mythique.
- Dans sa préface, Arma virumque cano – formule empruntée à l’incipit de l’Énéide de Virgile –, le poète s’inscrit dans la lignée d’Homère et de Virgile et justifie l’assimilation entre poésie de circonstance et épopée.
- Le Musée Grévin (1943). Ce long poème de sept chants est publié en août 1943 sous le pseudonyme François-la-Colère. Il constitue la première publication des éditions clandestines de la Bibliothèque Française.
- La Diane française (1944). Ce volume contient des textes composés en 1943 et 1944, dont « La Rose et le Réséda », « Il n’y a pas d’amour heureux », « Ballade de celui qui chanta dans les supplices ». Si la forme semble « classique », une très grande importance est accordée à la rime. De là, certainement, les nombreuses mises en musique de ces poèmes depuis leur création.
Tous écrits pendant une période cruciale de notre histoire, ces recueils qui rendent compte de la réalité de la guerre, s’enracinent dans la contemporanéité et font du poète un homme de la cité, porteur d’un message. « Le poète crie pour la nation », dit Aragon. L’expérience immédiate est transmuée par la poésie, porte-voix de ceux qui n’ont pas, ou plus, la parole.
Le verbe poétique cherche, dans le recours au légendaire, au mythique ou à l’épique, à rassembler les individus, à éveiller les consciences politiques et, finalement, à rendre hommage aux héros, d’hier ou d’aujourd’hui.
Bibliographie succincte de Louis Aragon
- Anicet ou le Panorama (1921)
- Les Aventures de Télémaque (1922)
- Le Paysan de Paris (1926)
- Le Mouvement perpétuel (poésie, 1926)
- Les Cloches de Bâle (1934)
- Les Beaux Quartiers (1936)
- Hourra l’Oural (poésie, 1934)
- Le Crève-cœur (poésie, 1941)
- Cantique à Elsa (poésie, 1942)
- Les Yeux d’Elsa (poésie, 1942)
- Brocéliande (poésie, 1942)
- Le Musée Grévin (poésie, 1943)
- Les Voyageurs de l’Impériale (1942)
- Aurélien (1944)
- La Diane française (poésie, 1944)
- La Rose et le Réséda (poésie, 1944)
- Servitude et Grandeur des Français. Scènes des années terribles (1945)
- Les Communistes (6 volumes) (1949-1951)
- Le Roman inachevé (poésie autobiographique, 1956)
- La Semaine Sainte (1958)
- Elsa (poésie 1959)
- Le Fou d’Elsa (poésie, 1963)
- Il ne m’est Paris que d’Elsa (poésie, 1964)
- La Mise à mort (1965)
- Blanche ou l’Oubli (1967)
- Le Mentir-vrai (1980)
- La Défense de l’infini (1986)








