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1960, année de l’Afrique

Introduction

Les populations africaines ont accueilli la fin de la colonisation avec enthousiasme : l’accession à la souveraineté politique devait apporter, en même temps que la liberté, progrès et unité du continent. L’optimisme des premières années se heurta pourtant à nombre de difficultés, aussi bien politiques (coups d’État, guerres civiles) qu’économiques et sociales (endettement, problème du sous-développement). Les États ont tenté de s’organiser pour les surmonter mais les difficultés persistantes ont nourri le thème de l’« afro-pessimisme ».

Aujourd’hui, « l’Afrique s’identifie pour le plus grand nombre au malheur et à l’échec. Guerre, sécheresse, maladies, pauvreté, enfants qui meurent de faim et qu’il faut aider : le continent tout entier semble ne susciter qu’une pitié mêlée de répulsion. » Cette observation de la géographe spécialiste du développement Sylvie Brunel, qui regrette ces stéréotypes réducteurs, suggère que dans l’opinion commune le bilan de l’Afrique 50 ans après les indépendances est mince. S’il n’est pas question de nier les difficultés rencontrées par les jeunes États africains, il s’agit aussi de réfléchir à la manière dont s’est construite cette image de l’Afrique, à travers les médias notamment, et à sa mutation récente : le cinquantenaire des indépendances semble hésiter entre amère désillusion et célébration d’un « réveil de l’Afrique » que peut symboliser, d’après certains, l’organisation de la coupe du monde de football en Afrique du Sud.