Conclusion générale
Si elle se présente comme indispensable, la contextualisation de l’appel du 18 juin 1940, n’enlève rien au caractère fondateur du document. Tout juste relativise-t-elle certains points d’histoire événementielle sans rien retirer au contenu, à l’impact, tout juste permet-elle aussi de nourrir la réflexion sur la mise en mémoire et sur le rôle de l’appel dans la construction du mythe gaullien.
Texte majeur au même titre que la Charte de l’Atlantique, il s’inscrit bien dans une démarche d’enseignement sur les formes de participation au conflit, sur les réactions face aux événements, sur les choix fondamentaux qui guident l’être humain dans les temps troublés quand beaucoup sont restés passifs. Pédagogiquement il semble préférable de ne pas l’étudier seul, mais de le confronter à tout un ensemble de documents qui montreront la diversité des comportements des temps de guerre et même la diversité des engagements, le caractère pluriel de la résistance française au dedans comme au dehors, le caractère pluriel de la résistance dans un ensemble plus vaste auquel de Gaulle lui-même a donné le soir du 18 juin une dimension mondiale. Ainsi, la comparaison avec les résistances polonaises, yougoslaves, grecques, ou d’autres encore, serait bien utile en classe de première. De même, il doit être confronté aux démarches mises en place par la France Libre, comme acte fondateur de cette épopée constructrice, part importante de la Résistance française dans son ensemble.
Le travail ne prétend atteindre aucune exhaustivité, ainsi de nombreux points sont supposés, connus, maîtrisés et, surtout, les documents les concernant sont abondants et faciles d’accès comme pour la défaite ou l’exode par exemple.
Nous avons choisi de faire appel à des archives cinématographiques pour diversifier les supports pédagogiques et offrir des séquences de l’Institut National de l’Audiovisuel, de l’Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense (ECPAD, Fort d’Ivry) qui sont connues mais rarement diffusées. Dans ce dossier en ligne, elles sont facilement accessibles grâce aux liens, mais se présentent aussi comme des entrées aux fonds extrêmement riches de ces deux institutions que l’enseignant pourra fréquenter avec profit pour bien d’autres thèmes (conflits contemporains, relations internationales, colonisation/décolonisation…).
Mais surtout ces séquences audiovisuelles ont pour objectifs d’être mises en regard les unes avec les autres : les différentes façons de vivre les mêmes moments, les différentes interprétations des mêmes événements, les différentes formes de la mise en mémoire… À ce titre, le discours du maréchal Pétain du 17 juin 1941 est particulièrement utile (anniversaire du discours de 1940, justification de la politique suivie, condamnation des autres choix, situation des populations françaises…).
Le site « Pour mémoire » a pour vocation de rappeler un événement dans ses diverses dimensions, et de donner un regard rénové en offrant une diversité de supports pédagogiques facilement utilisables dans nos cours de l’école primaire au lycée, quelle que soit la mise en œuvre pédagogique retenue.

