Documents complémentaires, projet pédagogique
Document : allocution du maréchal Pétain du 17 juin 1940, prononcée à 11 h 30 à la radio de Bordeaux et annonçant à la nation qu’il a demandé à l’ennemi les conditions d’un armistice. Réception de l’allocution : surprise, larmes mais aussi soulagement général : pour les soldats encore en guerre, pour les populations sur les routes, pour les administrateurs devant faire face à la situation.
« Français !
À l'appel de M. le Président de la République, j'assume à partir d'aujourd'hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l'affection de notre admirable armée qui lutte, avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires, contre un ennemi supérieur en nombre et en armes ; sûr que, par sa magnifique résistance, elle a rempli ses devoirs vis-à-vis de nos alliés ; sûr de l'appui des anciens combattants que j'ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur. En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés, qui dans un dénuement extrême sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude.
C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il est prêt à rechercher avec moi, entre soldats, après la lutte et dans l'honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités. Que tous les Français se groupent autour du gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n'obéir qu'à leur foi dans le destin de la patrie ».
Discours de Philippe Pétain, juin 1941
Comparer deux armistices : 11 novembre 1918 – 22 juin 1940
![]() Le maréchal Foch, l’amiral Wemyss, le général Weygand et leur suite, devant le wagon de l’armistice à Rethondes, le 11 novembre 1918. | La photographie prise devant le wagon du train où vient d'être signé l'armistice. Ce wagon fut réquisitionné auprès de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits afin d'être affecté au train de l'état-major. Le maréchal Foch est au premier plan, deuxième sur la droite, entouré par les deux amiraux britanniques Hope et Rosslyn Wemyss. |

Adolf Hitler, Hermann Goering, Rudolph Hess et d’autres chefs nazis dans la forêt de Compiègne pour la signature de l’armistice français, le 22 juin 1940.
© Ullstein Bild / Roger Viollet.
Le professeur pourra faire remarquer la permanence du lieu choisi (Rethondes et le wagon qui a servi à la signature de l’armistice en 1918). Pour l’anecdote, il est possible de préciser que le wagon a été transféré en Allemagne et qu’il a brûlé lors des bombardements de la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Les nazis réinvestissent la clairière de Rethondes : présence militaire imposée sur le chemin qui conduit au wagon, drapeaux à croix gammée, puis au lieu de négociation, présence des principaux dignitaires du régime nazi, accueil humiliant des représentants des autorités françaises, militaires et civiles. Il s’agit bien d’images allemandes à vocation informative mais aussi de propagande : retour sur l’histoire d’une Allemagne vaincue en 1918 mais qui construit rapidement le mythe d’une non-défaite. Le lieu choisi s’inscrit alors dans une démarche de conflit compris sur le temps long, de 1914 à 1940, une guerre civile européenne, une nouvelle guerre de trente ans.

Adolf Hitler et Hermann Goering, à Compiègne, quittant le wagon après la lecture du préambule de l’armistice avec la France vaincue, le 21 juin 1940.
Deutsches Historisches Museum, Berlin, Allemagne / © DHM / Bridgeman Giraudon

Deuxième rang, de g à dr: Erich Raeder, Adolf Hitler, Rudolph Hess et Hermann Goering et d’autres chefs nazis dans la forêt de Compiègne pour la signature de l’armistice franco-allemande, le 22 juin 1940.© Ullstein Bild / Roger Viollet.
Hitler et des hauts dignitaires nazis passent devant la statue du maréchal Foch (chef des forces alliées de la Première Guerre mondiale) avant d'entrer dans le wagon où va être signé l'armistice de 1940, dans la clairière dans la forêt de Compiègne où fut signé celui de 1918. En présence d’Hitler, le Reichsmarschall Göring, le ministre des Affaires étrangères du Reich Von Ribbentrop, l'amiral Raeder, chef de la Kriegsmarine, le maréchal Keitel, le général Von Brautchitsh, chef de la Wehrmacht.
Il existe un photogramme, capture d'écran du film allemand de 1940 puis d’un film de propagande de l'armée américaine de 1943, Divide and Conquer (Why We Fight #3) réalisé par Frank Capra et basé en partie sur des archives des actualités de l'époque, des animations, des reconstitutions de scènes, et du matériel de propagande capturé provenant des deux bords. La capture montre Hitler (au second plan, la main au côté) et des hauts dignitaires nazis regardant la statue du maréchal Foch (chef des forces alliées de la Première Guerre mondiale) avant d'entrer dans le wagon où va être signé l'armistice de 1940. La statue de Foch peut symboliser le caractère figé de la stratégie française.
La signature de l’armistice du 22 juin 1940. Copyrights ECPAD


