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L'armistice du 11 novembre 1918

La mobilisation des esprits

Magazine Le Miroir du 28 février 1915

La mobilisation des esprits est un caractère essentiel de la guerre. Dès les débuts du conflit on note une volonté des gouvernements de contrôler l'information. En France, la proclamation de l’état de siège interdit de publier toute information à caractère militaire non officielle. Un « bureau de presse » est institué auprès du ministère de la Guerre pour appliquer ces dispositions. En septembre 1914 « les articles de fond attaquant violemment le gouvernement ou les chefs de l’armée » et ceux « tendant à l’arrêt ou à la suppression des hostilités » sont interdits. La censure est acceptée du fait du fort sentiment patriotique qui marque le début du conflit. Elle est remise en cause en 1917. Le contrôle de la presse permet d'encadrer l’opinion publique et de concourir à la formation d'une « culture de guerre ». Les cartes postales et les affiches montrent l’héroïsme des combattants et minimisent les succès adverses.

Entre 1914 et 1918, le thème du barbare est développé sur tous les supports (dont les films et les pièces de théâtre) pour donner aux populations une image négative de l'ennemi.

En France, dès l’ouverture des hostilités, les soldats allemands sont présentés comme une horde de barbares, qui pille les maisons, viole les femmes et coupe les mains des enfants, reprenant d'ailleurs les lieux communs développés en 1870. Les atrocités prêtées aux Allemands deviennent un outil de mobilisation servant à renforcer la cohésion nationale et à faire accepter un investissement total de la Nation dans le conflit. Au-delà de la propagande, les exactions dénoncées s'appuient sur une réalité mise en évidence par les travaux récents d'historiens comme John Horne ou Alan Kramer (voir « Les réfugiés »). Les exactions commises par l'armée allemande envers les civils connaissent deux temps forts : au moment de l'invasion en août-septembre 1914 et au moment de la retraite en septembre-octobre 1918. L'importance des ravages causés dans le nord de la France et la Belgique : destruction massive des installations minières et industrielles, routes minées, puits empoisonnés, caves piégées (« nous changeâmes le pays en désert en prévision de l'avance ennemie » dit Ernst Junger dans Orages d'acier), a nourri dans la population le souvenir d'actes barbares sans aucune nécessité militaire et contribué à renforcer l'esprit germanophobe de la population française.