Georges Pompidou et Willy Brandt, 1969-1974
Le tandem Pompidou-Brandt, chargé de l’application du traité de l’Élysée, est marqué par l’affichage d’une solidarité exigée par les circonstances internationales (dévaluation du dollar, guerre du Kippour, négociations Salt et crise pétrolière). Pourtant, en privé, le président français exprime son inquiétude sur l’Ostpolitik. Cette initiative de Brandt réveille la vieille crainte stratégique d’une Allemagne regardant trop à l’Est en direction des Soviétiques. Pompidou approuve du bout des lèvres mais il n’est pas loin de penser que le statu quo antérieur est préférable, au temps où François Mauriac pouvait dire : « J’aime tellement l’Allemagne que je préfère en avoir deux. » Ces divergences n’empêchent pas les deux pays de renforcer la coopération dans le domaine culturel puisque le 10 février 1972 est signée la convention créant trois lycées franco-allemands et un bac spécifique. C’est à Buc, dans les Yvelines, que s’installe ce nouvel établissement scolaire.
Discours de bienvenue prononcé par Georges Pompidou le 22 janvier 1973, pour le 10e Anniversaire du traité de l’Élysée
Le général de Gaulle et le chancelier Adenauer, tous deux sont morts. Mais d’autres ont repris le flambeau et c’est à nous aujourd’hui qu’il appartient de continuer leur œuvre. Sur le plan de nos rapports bilatéraux, nous y sommes, vous et moi, parfaitement décidés et je suis convaincu que les entretiens que nous allons avoir le démontreront une fois encore. S’agissant de la construction européenne et de la politique générale, beaucoup d’événements se sont produits, notamment en 1972, qui ont modifié les données de notre action. Je pense à l’élargissement de la Communauté. […] à la sage politique qui a transformé vos relations avec l’Est européen et permis de nouveaux progrès dans la voie de la détente […]
Mais je reste convaincu que l’entente entre la France et l’Allemagne est plus que jamais capitale. Elle est indispensable à tous progrès sur la voie de l’Union européenne, elle conditionne largement la stabilité de notre continent et le développement de la coopération entre tous les pays d’un bout à l’autre de l’Europe.Source : france-allemagne.fr.
Willy Brandt précise les intentions de son « Ostpolitik » lors de la rencontre franco-allemande du 12 juin 1973
Er wolle in dieser Gesamtsicht eine Frage an den Bundeskanzler richten, von der er hoffe, daß sie nicht indiskret sei. Diese Frage aber bedinge für das Nachbarland Frankreich vieles. Die Frage laute : „Wie sehen Sie, Herr Bundeskanzler, im Lichte dessen, was vor sich geht, die deutsche Zukunft ?" Er frage nicht, wie sich der Bundeskanzler die deutsche Zukunft wünsche, wenn sich die DDR von ihrem kommunistischen Regime lösen könne und es dann zu einer Wiedervereinigung käme, würde Frankreich dem applaudieren.
Dies sei aber wenig wahrscheinlich. Wenn der Bundeskanzler sich das Verhalten der Vereinigten Staaten von Amerika, dasjenige der Sowjetunion vor Augen halte, wenn er die Dinge im Lichte der deutschen Ostpolitik und der Beziehungen der Bundesrepublik zu den Ländern des Ostens sehe, wie stelle er sich dann diese Zukunft vor ? Dies sei für ihn die wichtigste, die fundamentalste Frage. Mit dieser Frage verbinde er nicht den Wunsch nach Voraussagen, er bitte vielmehr um die Ausdeutung einer Politik, die zwangsläufig komplexer sein müsse als die französische Politik.
Source : PA AA, [s.l.]. B 150 Akten zur Auswärtigen Politik der Bundesrepublik Deutschland.
Suggestions d’activités
- Relevez dans le discours de Pompidou une phrase qui rappelle à son interlocuteur que l’Ostpolitik ne doit pas remettre en cause les fondements du traité.
- Pour les germanistes et les classes européennes, relevez dans le discours de Brandt les phrases qui sont prononcées pour rassurer le partenaire français.

