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Pour mémoirePour mémoire

Les 8 mai 1945

Une célébration spontanée

Que mettre en mémoire, que commémorer collectivement le 8 mai de chaque année ? Rien n’a été signé ce jour. Le 7 mai, jour de la signature de Reims, le 9 mai, celui de la signature de Berlin auraient tout aussi bien pu être retenus. Les Russes du reste commémorent le 9 mai. Le texte signé à Reims ne fait qu’imposer le lendemain – le 8–, comme arrêt des combats.

La fin de la guerre est vécue en 1945 dans une liesse populaire fortement différente de celle du 11 novembre 1918. Pour la fin de la Grande Guerre, l’arrêt du massacre, de la boucherie, de la mort de masse, le retour prochain des soldats mobilisés par millions expliquent d’abord l’enthousiasme retenu. De même la surprise de la nouvelle laisse aussi les populations dubitatives.

Le 8 mai 1945, les populations sont préparées à la fin du conflit dans une grande partie des États européens progressivement libérés par les Alliés occidentaux et soviétiques. Elles ont été libérées de la présence allemande (en France dès la fin de l’année 1944, mises à part les poches atlantiques), elles suivent la progression des armées alliées au fil des lectures de journaux et des informations radiodiffusées, des nouvelles d’un front mobile dans un territoire sous domination allemande qui se réduit comme peau de chagrin.

Il semble évident de célébrer la date dès son origine : le 8 et le 9 mai 1945 sont fériés en France pour permettre à la population de vivre l’événement dans une démarche collective moins perturbée que la Libération de l’été 1944 marquée par des formes d’épuration sauvage (voir Fabrice Virgili, La France virile, des femmes tondues à la Libération, Paris, Payot, 2000). Les rassemblements sur les Champs-Élysées par exemple avec le passage à l’Arc de Triomphe du général de Gaulle ont bien cette dimension festive.


Images INA - L'enthousiasme à Paris, le Général De Gaulle à L'Étoile.

Cependant la mémoire collective est ici confrontée à un processus d’éclatement lié à la diversité des façons dont le conflit a été traversé. Quel unanimisme créer parmi des populations encore en attente du retour de leurs prisonniers et déportés ?