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Les fusillés de la Grande Guerre

La question du nombre : essai de chronologie

L’évaluation du nombre de soldats condamnés à mort et passés par les armes n’est pas toujours simple ni assurée, comme l’évoque Nicolas Offenstadt. En France, les historiens spécialistes de la question s’accordent pour dire que c’est près de 2 400 combattants de la Grande Guerre qui ont été condamnés à la peine de mort ou aux travaux forcés à perpétuité, parmi lesquels 600, environ, ont effectivement été exécutés. André Bach[1] précise que ces chiffres concernent les combattants mais qu’ils excluent une vingtaine de prisonniers allemands et plusieurs dizaines de civils – les premiers fusillés pour pillage et les seconds pour espionnage en France et en Orient. Au total, les deux tiers des hommes fusillés l’ont été au cours des dix-sept premiers mois de la guerre, de septembre 1914 à décembre 1915, alors que le nombre de mutins fusillés n’excède pas la trentaine lors des mutineries liées à l’échec de l’offensive du Chemin des Dames en 1917. Les condamnations concernent ici essentiellement des comportements collectifs.

En 1918, en France comme chez les alliés, les exécutions diminuent. En effet, les commandements militaires comprennent mieux l'état mental des soldats, les conséquences du "shell-shock", ce choc psychologique provoqué par les conditions de vie effroyables dans les tranchées notamment sous les bombardements intenses.

[1] Les travaux d’André Bach concernent les années 1914-1915.