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Les fusillés de la Grande Guerre

Les fusillés après la Grande Guerre, la question de la réhabilitation

De l’importance de préciser les termes. La réhabilitation est un acte juridique qui consiste en une annulation de la peine prononcée, une suppression des accusations portées et le retour du justiciable à la situation qui était la sienne avant le procès. Le discours ambiant de réintégration à la nation soulève d’autres questions. Il suppose une forme de retour de l’exécuté dans une entité dont il n’aurait jamais dû être exclu, entité des soldats de la Grande Guerre, acteurs d’un des évènements majeurs de l’histoire nationale.

Le combat pour la réintégration des fusillés à la nation commence dès les années de guerre. Contre les jugements rendus par contumace, Paul Meunier a déposé un projet de loi en annulation en 1917. Des cas comme celui de Théodore Mercey posaient les questions fondamentales. Condamné à mort en 1916 pour désertion, Théodore Mercey réapparaît en 1921 quand son corps est retrouvé sur le champ de bataille qu’il avait été accusé d’avoir déserté. Il est arrivé également que des prisonniers, portés déserteurs ou disparus soient condamnés à mort alors qu’ils se trouvaient dans un camp de prisonniers en Allemagne.

Après la guerre, la mobilisation pour la réhabilitation reprend, dans un climat quelque peu défavorable du fait de la victoire électorale du Bloc national en novembre 1919. Le climat est aussi profondément marqué par l’impact de la mort de masse sur les populations. Un million trois cent cinquante mille morts laissent des traces indélébiles sur les populations et font des fusillés des morts parmi beaucoup d’autres, dont la disparition est ressentie comme toute aussi injuste, qui méritent même peut-être plus d’attention.